Sous le frémissement discret des pages de ce premier volume de Pratique journalière du REAA (Rite Écossais Ancien et Accepté), signé par Blanche de Quartlaudin et Marguerite de Joriel, s’élève une tapisserie sacrée, délicatement tissée de fils de sagesse qui captent la lumière initiatique dans un éclat subtil.
Pratique journalière du REAA-Tome 1 – L’apprentissage
Nous pénétrons cet ouvrage non en simples lecteurs, mais en quêteurs foulant les sanctuaires d’une Loge, où chaque symbole, chaque geste se transforme en miroir révélant les profondeurs secrètes de notre âme. La prose s’écoule avec une élégance qui surpasse le quotidien, nous entraînant dans un voyage méditatif où s’estompent les frontières entre la terre et les cieux, nous laissant déambuler dans les méandres envoûtants de la pensée maçonnique. Ce livre, intergénérationnel par essence, réunit sous les pseudonymes de Blanche, la mère, et Marguerite, la fille, deux âmes dont l’expérience cumulée de soixante-dix années au sein du REAA irradie chaque ligne. Publié sous l’égide de Le compas dans l’œil, dont le sous-titre « Spiritualités, Rites et Traditions » résonne comme un écho à notre identité, cet ouvrage porte la marque d’une maison d’édition fondée par des Francs-Maçons animés par le désir ardent de transmettre le savoir initiatique et la symbolique profonde de notre fraternité. Nos « Frères nous reconnaissent comme tels », honorant cette lignée de pensée.
Blanche de Quartlaudin, dont l’existence s’est subtilement imprégnée des feux alchimiques du Rite au fil de plus de cinquante années, offre à ces pages une profondeur délicatement ciselée par des décennies de silence contemplatif et de communion fraternelle empreinte de cœur. Sa fille, Marguerite de Joriel, enrichit ce chant d’une résonance vive et lumineuse, née de vingt années de dévotion ardente, un souffle juvénile qui s’entrelace avec grâce à la voix mûre et sage de sa mère. Deux belles âmes, deux Sœurs resplendissantes ! Ensemble, elles incarnent un duo d’expérience et de renouveau, leurs parcours harmonieusement mêlés insufflant une authenticité vibrante qui résonne auprès des initiés chevronnés comme des novices hésitant encore au seuil de leur quête.
Leurs écrits antérieurs, murmures discrets dans les cercles ésotériques – essais sur la pureté rituelle et la lumière symbolique – trouvent ici leur apogée, un phare pour ceux qui s’aventurent dans les mystères intérieurs. Cette maison d’édition, gardée par des directeurs de collection – Frères ou Sœurs de diverses Obédiences, parfois profanes – veille avec rigueur sur la qualité de nos ouvrages, tandis que nos auteures et auteurs, maçons d’une expérience éprouvée, s’emploient à partager leur savoir, leur cheminement et leur vision d’une fraternité universelle.
Au fil de notre lecture, nous nous enroulons dans la riche symbolique qui anime l’âme de l’ouvrage. Le pavement mosaïque, avec ses carrés noirs et blancs, surgit non comme une simple parure, mais comme une allégorie vivante de la dualité – le ballet incessant de l’ombre et de la clarté qui tisse notre condition humaine. Blanche et Marguerite nous guident à y discerner une fondation, le socle de la Loge, et pourtant un appel à transcender les tensions qui agitent notre être. L’équerre et le compas, ces outils intemporels, se dressent tels des gardiens d’harmonie et d’élévation. L’équerre, emblème du Vénérable Maître, nous enracine dans le plan terrestre, ses angles droits témoignant de la droiture que nous devons façonner en nous. Le compas, en revanche, soulève notre regard vers l’infini, son arc esquissant le potentiel sans borne de notre esprit alors que nous cherchons à accorder nos actes à une vision supérieure.
Delta lumineux – Source Je pense.orgLe delta lumineux, cet œil rayonnant perché sur le mur d’Orient, nous enveloppe d’une intensité qui trouble les profondeurs de notre intuition. Blanche de Quartlaudin et Marguerite de Joriel en dévoilent la portée comme la quatrième lettre de l’alphabet grec, un symbole que Pythagore liait à la naissance cosmique, sa forme triangulaire chantant un équilibre et une harmonie ternaire au fondement de la création. Cet emblème, loin d’être statique, vibre d’une présence vivante, un appel à illuminer le Temple intérieur où repose la lumière éternelle du Grand Architecte de l’Univers. Nous sentons son regard nous presser de dissiper la pénombre de l’ignorance, d’accueillir l’éveil progressif que seul le rituel peut offrir. La rose, délicate et carmin, offerte au novice par la Maîtresse des Cérémonies, se fait emblème émouvant d’accueil et de métamorphose.
La voix de Marguerite semble s’attarder ici, empreinte d’une chaleur qui évoque les liens fraternels forgés dans le creuset de l’expérience partagée. Cette fleur, frêle et pourtant résiliente, reflète le parcours de l’initié – ses épines rappellent les épreuves à traverser, sa floraison promet l’épanouissement spirituel à venir. Les autrices nous invitent à y lire non une formalité rituelle, mais un instant d’alchimie profonde où l’âme individuelle se fond dans l’aspiration collective de la Loge. Le testament philosophique, ce document solennel tracé dans le cabinet de réflexion, se dresse comme une pierre angulaire de ce sentier initiatique.
Pratique journalière du REAA, détail
La main sage de Blanche nous conduit à travers sa signification, le révélant comme un vœu, un engagement conscient à parfaire notre pierre intérieure. Nous sommes invités à affronter notre finitude, à distiller notre essence en mots qui perdureront au-delà du fugace, un processus qui résonne avec la transmutation alchimique du plomb en or. Cet acte d’écriture, si intimement lié au Rite, devient un reflet de notre conscience en évolution, un témoignage non seulement de notre passé, mais de notre devenir possible.
Le rituel lui-même, avec ses gestes mesurés et ses paroles sacrées, n’est point une chorégraphie vaine, mais une symphonie de sens qui résonne dans le silence de la loge. L’élan de Marguerite de Joriel infuse cette exploration d’une urgence qui nous presse de vivre le rituel avec chaque fibre de notre être. Nous percevons que sa puissance réside non dans sa forme écrite, accessible à tous, mais dans l’expérience ineffable qu’il suscite – une alchimie intérieure qui nous lie à nos frères et sœurs dans une chaîne indéfectible. Les autrices nous rappellent que modifier ce rituel à la légère reviendrait à lui ôter son essence, tout en suggérant une tradition vivante, qui s’enrichit par l’accumulation patiente de la compréhension, enracinée dans la sagesse des anciens.
Pratique journalière du REAA, détail
En méditant sur cet ouvrage, nous nous laissons porter par une contemplation du secret qui demeure hors de portée du profane. Blanche et Marguerite affirment que ce mystère ne gît point dans des mots voilés ou des degrés protégés, mais dans l’expérience vécue – la résonance viscérale, émotionnelle, qui échappe à toute transcription. C’est un secret qui s’attarde dans le cœur, une flamme allumée par la constance de la pratique et l’engagement conscient avec chaque symbole et geste. Cette prise de conscience éveille en nous un désir ardent de plonger plus avant, de suivre le sentier qu’elles illuminent avec tant de grâce, où chaque pas révèle de nouvelles facettes de notre paysage intérieur.
Pratique journalière du REAA, 4e de couv.Les axes éditoriaux de cette maison – « La parole circule » avec ses essais et réflexions maçonniques, « L’initié(e) » explorant le corpus sacré, « L’égrégore » tissant romans et beaux livres, « Ouverture » offrant de petits formats pour saisir une notion ou découvrir un mystère – dessinent une cartographie spirituelle où s’inscrit cet ouvrage. À la clôture de ces pages, Pratique journalière du REAA se révèle bien plus qu’un guide. C’est une invitation à entreprendre un pèlerinage de l’âme. Blanche de Quartlaudin et Marguerite de Joriel ont façonné une œuvre qui vibre au rythme de la loge, une mélodie qui nous appelle à aligner nos vies sur l’ordre cosmique, à chercher la lumière dans l’ombre, et à tisser un lien avec l’éternel. Nous refermons le livre non avec un sentiment d’achèvement, mais avec un engagement renouvelé envers le labeur intérieur, envers l’épanouissement sacré et progressif de notre propre perfection.
Pratique journalière du REAA, détailPratique journalière du REAA-Tome 1 – L’apprentissage Blanche de Quartlaudin – Marguerite de Joriel Le compas dans l’œil, coll. L’initié(e), 228 pages, 22 €Le compas dans l’œil, le site https://www.lecompasdansloeil.org/