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MAB : les dernières acquisitions

Diplôme de maître attribué à Jean-Pierre Albene, Loge La Française Saint-Joseph des Arts, O. de Toulouse

Eau-forte, manuscrit sur parchemin, 1789 (Inv. PDoc.012.2005)

La loge Saint-Joseph des Arts fut fondée en 1744. Le livre d’architecture de la « Loge de Saint-Jean » de Toulouse relate la fusion en 1745 des loges Saint Joseph des Arts et La Française. Il semblerait que vers 1768, pour des raisons inconnues, la franc-maçonnerie toulousaine subit une éclipse ; les loges disparurent et se reconstituèrent dans les années 1770 à 1789. Ce qui pourrait expliquer l’installation en 1779 de la loge La Française de Saint-Joseph des Arts, encore connue de nos jours sous le titre de La Française des Arts (GO). Cette loge témoigne de la démocratisation de l’ordre au XVIIe siècle, car elle était presqu’exclusivement composée d’artisans d’art et d’artistes, comme Bernard Dupuy, maître de musique à Cahors.

Bijou maçonnique

Métal doré, XXe siècle (Inv. MB.002.1083)

Composé d’un soleil rayonnant au centre d’une étoile à 9 branches composée de trois triangles isocèles imbriqués, inscrite à l’intérieur d’un ouroboros, la destination de ce bijou est incertaine. Mais les éléments qui le composent sont symboliques.

Le soleil, l’un des luminaires de la loge, se rattache à de nombreux rituels ; ainsi les travaux de la loge débutent à midi, quand le soleil est à son zénith, et se terminent à minuit. L’étoile à 9 branches se retrouve sur de nombreux bijoux maçonniques, dont ceux des députés et conseillers fédéraux de la Grande Loge. L’ouroboros, constitué d’un serpent recourbé se mordant la queue, incarne le caractère cyclique du temps, l’éternel retour. C’est l’association du monde chtonien (reptile) et céleste (cercle), rappelant celle du compas (esprit) et de l’équerre (la matière).

Assiette à décor maçonnique et révolutionnaire

Faïence de Nevers, 1790 (Inv. AVa.013.2040)

Pendant la période révolutionnaire, la franc-maçonnerie connaît une période de déclin. Cette assiette datée de 1790 présente l’un des rares décors maçonniques produits durant cette période troublée. Sous un soleil rayonnant figurent la lettre G, deux rameaux d’acacia croisés, une épée et une équerre. Le marli ourlé de cercles bleu et rouge séparés par le blanc de l’émail revêt clairement une connotation patriotique. Dans son ouvrage Trésors de la faïence maçonnique française du XVIIIe siècle récemment publié, Jean-Claude Momal dresse un inventaire exhaustif de la production patriotique révolutionnaire influencée par la symbolique maçonnique.

Les archives « russes »

Musée Archives Bibliothèque, Grande Loge de France

En juin 1940, les Allemands entrent dans Paris et occupent la Grande Loge de France et le Grand Orient. Les archives des deux obédiences postérieures à 1900 et des documents historiques précieux y sont prélevés et emmenés à Berlin. En 1943, pour les protéger des bombardements touchant l’Allemagne, ces archives sont transférées dans un château en Silésie, où elles seront découvertes par l’Armée Rouge en 1945 et envoyées à Moscou. A partir de ce moment-là, les archives sombrent dans l’oubli. Jusqu’aux années 1990, quand une chercheuse tombe par hasard sur ces archives spoliées. Des négociations sont entamées, et il faudra encore attendre le début des années 2000 pour que 224 cartons réintègrent les locaux de la Grande Loge de France.

Bijou de loge La Fraternité Tonkinois

Métal émaillé, début XXe siècle (Inv. MB.009.1855)

La médaille de loge de La Fraternité tonkinoise, mêlant Occident et Orient,  évoque la franc-maçonnerie coloniale. Introduite en Indochine dès la conquête, pendant le Second Empire, la franc-maçonnerie ne s’ouvrit aux vietnamiens qu’à partir des années 20. La première loge, le Réveil de l’orient, fut créée en 1868 à Saïgon par le GODF. Avec deux autres loges, dont la Fraternité tonkinoise à Hanoï, le GODF domine le paysage. Mais la GLDF est également présente, avec la Ruche d’Orient à Saïgon et Les Ecossais du Tonkin à Hanoï. Entre 1925 et 1930, deux loges « franco-annamites » sont créées. Comme en France, la maçonnerie est interdite par le régime de Vichy, et peine à reprendre ses activités après la guerre. Le Réveil de l’orient sera la dernière loge à s’éteindre au début des années 60. 

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