DE LA VÉRITÉ DES SAVOIRS
À LA VÉRITÉ DES ACTES
« La gestion éthique des progrès
scientifiques et techniques »
12 avril 2008
Palais de la Mutualité (Paris 5e)
SYNTHESE DES TROIS
TABLES RONDES :
Présentation du colloque par le Grand Maître de la Grande Loge de France
L'être humain, comme dans les mythes bibliques, a manifestement du mal à résister à ses tentations.
Hanté par le mystère de son origine, disparue dans la nuit d'un temps inaccessible, il s'est longtemps tourné vers les religions pour en percer le secret. Les réponses de la foi étant restées incertaines le doute a persisté.
Et voici qu'il s'approche d'une frontière longtemps considérée comme infranchissable et même taboue.
Sauf si l'on considère que les frontières sont faites pour être franchies ou que les tabous ne le sont plus.
C'est le triomphe annoncé de Nietzsche, auteur de cette formule terrifiante qui pourrait presque à elle seule caractériser les barbaries du XXe siècle : "le jugement moral appartient, tout comme le jugement religieux, à l'ignorance".
Le voici aujourd'hui en effet, grâce à la génétique et la biologie, sur le point d'ouvrir les portes d'un futur qui le verra peut être se doter du pouvoir de créer du vivant ex nihilo.
Progrès ? Au plan scientifique et technique sans aucun doute exceptionnel.
Mais au plan éthique ce pourrait être comme l'explosion d'un soleil qui s'effondre sur lui même, accomplissant le mythe d'une science de la maîtrise qui aurait perdu … sa propre maîtrise.
Une hyperpuissance technoscientifique sans contrôle peut à juste raison effrayer et générer des peurs encourageant certains, devant une situation dont ils n'ont pas le chiffre, à adopter des postures régressives de l'antiscience et des gourous qui en font le commerce : créationnisme, new age, ésotérismes hallucinés confondant le tout et ses parties, les causes et les effets, les objectifs et les moyens dans ce délire fusionnel et ce mélange pseudo intellectuel qui les caractérisent et qui confond joyeusement l'obscurité et la profondeur ….
Entre une hyperscience parfois arrogante d'un côté et une antiscience régressive de l'autre, le 21e siècle nous lance un défi.
Saurons nous le relever ?
Nous ne le savons pas mais une chose est quasi sûre : l'échouage sur ces deux récifs nous est interdit et il n'aurait rien de la douce arrivée sur une plage de sable fin.
Il nous revient donc de régler au millimètre le GPS de ce navire des hommes dont nous sommes à la fois les seuls pilotes et … les seuls passagers, afin de faire en sorte que le futur ne soit pas un destin qui s'impose à nous mais un projet qui se conçoit et se réalise dans l'intelligence, la volonté et l'énergie partagées. Les maçons de la Grande Loge de France, travaillant au REAA veulent être de ces hommes là».
Alain Graesel
Table ronde n° 1 : "Le danger des dogmatismes antiscientifiques contemporains"
Un état des lieux sur les menaces que certains fondamentalismes de tous bords font peser, pas seulement sur l’enseignement de la théorie de l’évolution, mais aussi sur la laïcité elle-même, et pas seulement à l’étranger, mais aussi en France.
Au début des années 70, le biologiste français Jacques Monod conclut « le hasard et la nécessité » par ces mots : « l’homme se rend compte enfin qu’il est seul dans l’immensité indifférente de l’univers d’où il a émergé purement par hasard. Non plus que son destin, son devoir n’est écrit nulle part. À lui de choisir entre le royaume et les ténèbres. » Lors d’une de ses dernières interviews, il précise « Pourquoi Dieu aurait il été obligé de choisir ce mécanisme extrêmement complexe et difficile quand il était libre de choisir d’autres mécanismes et pourquoi aurait il été forcé de commencer avec de simples molécules ? Pourquoi ne pas créer l’homme d’emblée, comme le croyaient les religions classiques ? »
Jacques Monod nous situe ainsi d’emblée dans la problématique de cette table ronde, d’une part avec les créationnistes et d’autre part avec les partisans (qui sont parfois des scientifiques de haut niveau) du « dessein intelligent », intelligent design dont la définition est l’inverse de celle de Monod, l’irréductible complexité du vivant ne peut s’expliquer que par une intelligence supérieure et non par le fruit d’une évolution soumise au seul hasard… mais d’un dessein !
Les quatre conférenciers sont intervenus à tour de rôle pour expliquer comment ces différents dogmatismes peuvent s’exprimer et s’affronter sur les champs de la laïcité, des postures régressives antiscientifiques modernes, et comment ces évènements peuvent avoir des conséquences sur l’enseignement et sur la manipulation de l’opinion.
Monsieur Pascal Picq, paléoanthropologue au Collège de France, nous rappelle l’historique des mouvements créationnistes américains, de la théologie naturelle, et des différents « procès du singe », tous en défaveur du créationnisme, grâce au 1er amendement de la Constitution américaine qui interdit à l’État de soutenir quelque religion que ce soit, et donc son enseignement dans les écoles, à la place ou à côté de la théorie de l’évolution.
Par ailleurs le créationnisme islamique, qui a tenté « d’offrir » à des milliers d’écoles françaises un « Atlas de la Création » s’est vu interdire de diffusion par les pouvoirs publics. Avant quelle prochaine offensive ?
Monsieur Picq nous aura de façon claire et convaincante, remis en tête quelques perspectives de base : « La science ne cherche pas la vérité au sens métaphysique du terme » ;
« La découverte de Toumaï n’infirme pas la théorie de l’ East Side Story » d’Yves Coppens, car lorsque la science perd un modèle, elle progresse en connaissance… ».
Monsieur Jean-Claude Guillebaud, fera état de tous ces mouvements New Âge qui correspondent à un besoin de croire, à une révélation de soi, parfois aussi mouvements vers une rédemption, comme les born again…
Il y a une possibilité avec ces mouvements de tomber dans des extrêmes dogmatiques, des nouvelles crédulités, des faux savoirs,
Ces crédulités s’expriment parfois au cœur des territoires de la connaissance chez les esprits les mieux éclairés, voire même par la bouche de certains savants dans un concordisme qui prétendrait réconcilier science et spiritualité.
Jean-Claude Guillebaud nous invite à « Rallumer les Lumières », à dénoncer l’obscurantisme insidieux du discours médiatique qui privilégie l’émotion plutôt que la raison et à ramener la science à ses propres promesses. Elle doit être critique, libre et modeste.
Des interprétations nouvelles remettent en cause la science traditionnelle : les relations d’incertitude, le hasard, l’incomplétude, les processus aléatoires… L’anti science arrive lorsque la science ne répond pas à toutes les questions…
Monsieur Yves Quéré participe depuis de nombreuses années à la rénovation de l’enseignement des sciences.
À la suite de ces constats, et de la méconnaissance de la science chez les professeurs (seulement 3 % des instituteurs délivrent des cours de sciences, 60 % des classes ne font jamais de sciences…), il nous explique sur quelles bases reconstruire un enseignement des sciences dans ces conditions. Il faut partir du « Je ne sais pas ! » phrase fondatrice de la science, pour aller vers « Je voudrais savoir ! », un volontarisme nécessaire pour repartir de l’avant.
Pour Monsieur Jacques Pantaloni, on sait que la science ne peut pas tout modéliser, qu’elle porte en elle ses propres limites.
Depuis Francis Bacon, nous savons que le « savoir est pouvoir » celui de faire le bien ou le mal, donc le danger est parfois porté par les scientifiques eux-mêmes, ceux qui nous ont expliqué que le nuage de Tchernobyl s’est arrêté à la frontière, ou le prix Nobel de chimie, auteur d’attaques racistes contre Albert Einstein dans les années trente.
Pour revenir à Jacques Monod, si l’homme a émergé par hasard, il n’en demeure pas moins chargé d’un choix. Entre le royaume et les ténèbres, l’homme à une capacité de choisir, d’espérer, de lutter « la lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un cœur d’homme » nous dit Camus devant l’absurdité du monde.
Chaque être humain est porteur d’un espace des possibles, donc soyons des Homo Sapiens : par définition « l’homme qui sait qu’il sait ! « ou l’homme qui sait qu’il ne sait pas » comme le rappelle Yves Quéré.
Table Ronde n° 2 : "Faut-il avoir peur de la Science ?"
Faisant suite à l’intervention de Monsieur Xavier Darcos, Ministre de l’Éducation Nationale qui a analysé les éléments principaux de la problématique de la Science et de sa gestion dans le monde d’aujourd’hui et décrit les grandes orientations qu’une politique humaniste et maîtrisée se devait d’observer, cette seconde table ronde donna l’occasion à trois intervenants de successivement s’exprimer :Monsieur Alain Graesel, Grand Maître de la GLDF a proposé une réflexion sur le changement de référentiel philosophique et scientifique que nous sommes en train de vivre.
Jusqu’à la fin du XXe siècle régnait le mythe de Prométhée, celui du triomphe du savoir-faire technique, de la métallurgie et de la maîtrise du feu. Accompagné par l’optimisme rationaliste des Lumières, il était question de comprendre et maîtriser la nature et le monde en se donnant les moyens de les transformer au profit des hommes. La mise en œuvre dévoyée de ces principes finit par aboutir à l’épisode terrifiant de deux guerres mondiales et l’explosion de barbaries totalitaires.
Ce référentiel a changé. Aujourd’hui, avec les progrès scientifiques et techniques, les hommes sont devenus capables non seulement de transformer la nature mais aussi le vivant et dans l’univers du vivant, l’être humain lui-même. On passe ainsi du mythe de Prométhée à celui de l’apprenti sorcier qui pourra entrer par effraction dans le mystère de la vie.
Cette capacité potentielle de fabriquer du vivant ex nihilo n’aura ainsi plus rien à voir avec ce qui aujourd’hui est la naissance d’un être humain et son statut devra être repensé. Il ne sera plus alors le résultat de milliers d’années d’évolution et de cette alchimie subtile entre la nature, le vivant et l’humain lui-même. Il sera alors sans doute possible de le définir et de le programmer comme on le fait d’un objet ou d’une machine. Si une part de ces progrès profiteraient aux êtres humains, dans le domaine thérapeutique par exemple, il conviendra, sans paralyser pour autant la recherche scientifique, de réfléchir rapidement à la mise sous contrôle de ces recherches dans le domaine reproductif qui, sans cela, risquent d’échapper à toute maîtrise.
Madame Éliane Taillandier, biophysicienne et membre du Conseil National de biophysique, a complété ces propos en rappelant que nous assistons aux premiers pas d’une médecine régénératrice avec la production de cellules neuves à partir de cellules souches, ouvrant ainsi au-delà des contraintes de la nature, des nouveaux champs de liberté mais aussi des responsabilités inédites, voire des inquiétudes par le possible détournement de ces techniques à des fins négatives (eugénisme, bio terrorisme, clonage humain…) En fait, les récents résultats des recherches en cours montrent que les différences génétiques entre les hommes sont plus importantes et complexes qu’on le supposait, reculant ainsi à la fois les prévisions et les craintes.
Dans le domaine des biotechnologies, la production d’anticorps capables de maîtriser les protéines issues de gènes impliqués dans des maladies graves a globalement constitué un progrès pour l’accroissement de l’espérance de vie. Ce progrès a toutefois été occulté par l’émoi suscité dans le public par le clonage reproductif par transfert de noyau de la brebis Dolly (en 1996) et son éventuelle extension au clonage humain. Le faible taux de réussite de cette technique éloigne cette éventualité. Les menées frauduleuses en 2005 du Pr. Hwang pour développer des lignées de cellules souches ont découragé et permis de dénoncer d’autres tentatives. Sur un plan éthique, le clonage reproductif humain est interdit en France.
Plus importantes et porteuses d’espoirs sont les recherches fondées sur l’étude des mécanismes moléculaires qui sont à l’œuvre pour certaines espèces dans la régénération d’organes (la queue pour les lézards, l’œil et les pattes pour la salamandre, le cœur pour le poisson zèbre…) En faisant recouvrer à des cellules adultes des propriétés de cellules embryonnaires, les chercheurs sont parvenus à identifier les quatre gènes qui sont la base d’un processus de rajeunissement cellulaire. L’utilisation de telles cellules (dénommées cellules souches pluripotentes induites ou iPS) à des fins thérapeutiques ouvre d’immenses perspectives. Elle constitue également une étape décisive dans la compréhension des mécanismes fondamentaux de la vie.
Monsieur le Professeur Jean-Pierre Dupuy, École Polytechnique et Université de Stanford, a exposé le caractère prodigieux des exploits scientifiques mais aussi rappelé les dangers (absence d’éthique, dérives économiques) qui nécessairement les accompagnent.
Il a rappelé les déclarations inquiétantes des tenants de la biologie synthétique qui souhaitent associer la production de cellules artificielles avec les possibilités des nanotechnologies en vue de repousser les limites entre la vie et la non-vie. En fait ces déclarations procèdent pour le moment de l’émotion que suscite un imaginaire sensationnel. Il n’empêche que la question fait sens et nécessite de pouvoir situer les scientifiques entre un orgueil thaumaturge et une humilité feinte irresponsable.
Car c’est bien des scientifiques qu’il convient d’avoir peur et non de la science. L’inculture scientifique des scientifiques est le vrai danger. Ayant effectué une percée dans le domaine de leur savoir, ils sont souvent tentés de considérer que ce dernier n’a plus de borne, qu’il acquiert une portée universelle. Ce travers est accentué par le climat de concurrence farouche qui existe entre scientifiques, les amenant à communiquer plus rapidement sur des questions progressivement plus restreintes. Cette hyperspécialisation dans l’urgence de la compétition s’appuie de surcroît sur des modèles, paradigmes et métaphores scientifiques qui ne sont que des représentations techniques de la réalité, permettant d’agir sur elle sans pour autant pouvoir y prétendre. Évacuant trop souvent les interprétations qu’exige toute théorie, les scientifiques se détournent alors du réel, négligeant l’exercice de la pensée – la culture - qui devrait l’accompagner.
Les technocrates, les scientifiques n’ont pas peur de leurs machines techniques. Mais ils ont peur de la peur des hommes. Ils pratiquent le secret, parfois le mensonge. Pourtant la plupart des hommes n’ont pas peur et sont prêts à croire ce qu’on leur dit, parfois à tort.
Pour chacune des interventions précédentes le modérateur, Pierre-Frédéric Ténière-Buchot a posé quelques questions afin d’inciter la salle à les reprendre et à les dépasser. Les thèmes abordés furent nombreux et variés, seulement limités par la contrainte horaire de la table ronde. À noter l’intérêt exprimé pour la science en tant que démarche vers la vérité et la science en tant que moyen pour servir autrui ; la spécificité des valeurs à promouvoir pour une science humaniste et la nécessité de développer une volonté pour une mise en œuvre concrète ; l’équilibre à trouver entre le principe de précaution et la liberté de la recherche ; le rôle des femmes dans les décisions de politique scientifique ; l’appropriation économique des résultats de la recherche et leur impact social. Un certain nombre de ces questions furent reportées et reprises dans la table ronde n°3 (comment gérer sur le plan éthique les conséquences du progrès scientifique et technique ?) qui succéda immédiatement à la table ronde n°2.
Table ronde n°3 : "Comment gérer sur le plan étique les conséquences du progrès scientifique et technique"
Entre l’antiscience et l’hyperscience, quelle peut être la voie de passage ? En effet, si les progrès scientifiques sont louables voire nécessaires, comment l’homme va-t-il gérer les conséquences de ce progrès scientifique et technique ?Rappelons-nous que, si les découvertes d’Irène et Frédéric Joliot-Curie étaient d’indéniables progrès dans l’histoire de l’humanité, les applications de ces découvertes ont abouti à Hiroshima en 1945…
Notre planète a connu au cours des dernières décennies, une formidable accélération du progrès. Or, en même temps qu’ils appréciaient les bienfaits de ces innovations, des hommes ont commencé à s’interroger sur les risques potentiels liés au développement rapide, parfois mal maîtrisé, mal anticipé, de ces avancées.
Au-delà du paradoxe apparent, force est de constater que plus elle se perfectionne, plus la connaissance augmente notre conscience de ce que nous ignorons. Cette prise de conscience est à l’origine du questionnement éthique.
D’où le thème de cette troisième Table ronde « Comment gérer sur le plan étique les conséquences du progrès scientifique et technique ».
Pour répondre à cette question fondamentale, non sans rappeler avant un mot de Monsieur Hubert Reeves : « Plus la science progresse, plus elle donne raison à la nature ».
Nous avons eu le plaisir d’avoir comme invités à cette Table ronde :
Madame le Docteur Monique Dilly
Pour qui l’information scientifique doit être pertinente et objective pour définir une bonne pratique, information qui est en aval de la recherche clinique et qui doit rester absolument indépendante des industriels de la Santé.
La question que Monique Dilly nous pose est de savoir si l’innovation technique et scientifique entraîne réellement un progrès ou bien si elle est présentée de façon biaisée du fait des pressions économiques qui s’y appliquent. Le facteur temps est nécessaire mais notre société va très vite et la pression des consommateurs et des lobbies, transmise par les médias, permet-elle aux structures de contrôle mises en place par l’État de travailler en toute sérénité et d’avoir le recul nécessaire ?
Le Docteur Serge Aijzenfisz,
Qui nous a expliqué comment grâce au Groupe de Réflexion éthique de la Grande Loge de France, nous, Francs-Maçons de la GLDF, souhaitons mettre l’Éthique à la portée de tous : maçons bien sûr mais aussi profanes, dans la diversité des apports et en évitant la seule spécificité des experts mais en réfléchissant essentiellement sur l’application de la recherche et non sur la recherche elle-même, car la recherche fondamentale ne préjuge pas de qui sera fait, de ce qui est découvert.
Monsieur Jacques Arnould qui s’intéresse aux relations entre Sciences, Cultures et Religions, avec un intérêt particulier pour deux thèmes :
– celui du vivant et de son évolution,
– celui de l’espace et de sa conquête.
Auteur de nombreux ouvrages et articles d’histoire et de théologie, dont, entre autres, « Dieu versus Darwin » et « Dieu, le singe et le Big Bang », il nous a fait part de son expérience dans le domaine de l’éthique au Centre national d’Études spatiales avec notamment la place du mythe, l’intégration du droit international, etc.
L’éthique paraît être, selon lui, l’une des nouvelles frontières de l’aventure spatiale. L’objectif est triple :
– remettre l’homme à sa véritable place, à sa vraie valeur
– promouvoir la Culture dans les milieux scientifiques
– redonner, dans l’esprit scientifique, une part plus importante au rêve, à l’imaginaire.
Madame Carine Camby,
Qui nous a montré que dans le domaine des sciences du Vivant, la réflexion éthique s’articule autour de quatre principes qui permettent d’analyser les conséquences bénéfiques au nom d’une application d’un progrès scientifique ou technique.
En plus de ces principes, la loi intervient au nom de la Morale et d’une certaine conception de l’ordre public, mais en s’appuyant toujours sur un principe intangible : celui du respect de la dignité de la personne humaine.
Le texte de référence est la Loi de Bioéthique adoptée pour la première fois en 1994 et révisée en 2004.
Elle nous met en garde contre une certaine émotivité compassionnelle, certes légitime, afin d’éviter à tout accepter, comprenant que la compassion ne peut être l’unique réponse d’une société à la souffrance d’un individu.
Par ailleurs, notre société a du mal, nous rappelle Carine Camby, à accepter le risque, les progrès des sciences faisant croire à certains que la marge d’incertitude se réduit alors que, souvent, les découvertes ne sont là que pour nous rappeler l’étendue toujours plus grande de notre ignorance.
Nous nous réfugions alors dans un principe de précaution souvent mal compris, utilisé non pas pour agir avec prudence et discernement mais pour interdire par principe.
C’est un bon exemple pour montrer l’effet délétère d’une médecine qui ne se pratique plus dans la conscience des praticiens mais dans les statistiques internationales d’une part, et dans les prétoires d’autre part.
Enfin Carine Camby nous donne une note d’espoir dans le respect de la liberté de la recherche, mais dans un cadre qui garantisse le respect d’un certain nombre de principes éthiques.
Un DVD est disponible sur ce site - cliquez ici







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