Angers
« Discrets, mais pas secrets »
« Grand Maître », depuis 2009, de la Grande Loge de France (GLDF), l'une des principales loges maçonniques françaises, Alain-Noël Dubart, chirurgien-orthopédiste de Lille, a profité de sa venue à Angers, jeudi dernier, pour tenter d'évacuer les « fantasmes », selon lui, reliés à la franc-maçonnerie.
La Grande Loge de France qui propose une conférence publique, n'est-ce pas paradoxal pour une structure franc-maçonnique qui apparaît habituellement comme secrète ?
« Nous ne sommes pas secrets, mais discrets. Nous organisons des rencontres publiques, comme celle-ci à Angers, des colloques. Je viens présenter la Grande loge de France (GLDF), ce qu'elle propose, son évolution historique, sans toutefois rentrer dans la démarche initiatique qui, elle, reste totalement secrète. Le rôle d'une loge est de faire se rencontrer des personnes de différents rangs sociaux, de différentes professions qui n'auraient jamais eu l'opportunité de se rencontrer ailleurs. Après, l'appartenance à la franc-maçonnerie relève de la vie privée. II s'agit d'un engagement personnel, intime. Chacun est libre de révéler ou non son appartenance à la franc-maçonnerie. »
Les loges maçonniques ne seraient donc aucunement des réseaux de pouvoirs, ou se prendraient d'importantes décisions entre initiés …
« Cela génère des suspicions, des fantasmes et beaucoup de Unes et d'articles pour les hebdomadaires nationaux. Dans la grande majorité des cas, l'engagement initiatique maçonnique vient en premier, avant l'engagement public ou politique. Une loge permet de se construire soi-même avant d'agir dans la société. En tout état de cause, considérer qu'il existe une conspiration de la GLDF pour des postes et des choix importants relève du pur fantasme. De la discussion, oui , de la collusion, non. Ceux qui se commettraient dans ce genre de pratiques ou affirmeraient ce genre de choses ne sont pas les plus assidus aux travaux de leurs loges. »
Quel rôle joue la GLDF, dans la campagne électorale en cours ?
«Aucun. Nous n'avons pas vocation à nous positionner en faveur de tel ou tel candidat. Nos loges rassemblent d'ailleurs des personnalités politiques d'horizons très variés. Bien sûr, nous parlons de ces élections dans les loges de la GLDF, mais l'institution n'a pas à se prononcer. Oui, nous l'avons fait en 2002 avec l'accession du Front national au deuxième tour des élections présidentielles. Mais cela n'a rien de paradoxal. La GLDF ne peut que s'opposer à des idées incompatibles avec l'idéal républicain »







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