Cherbourg
Un grand-maître de la franc-maçonnerie en conférence à Cherbourg
Alain-Noël Dubart, grand-maître de la Grande loge de France, est venu à Cherbourg pour réaffirmer les valeurs de la franc-maçonnerie
Roger Lehuel, le fondateur de la loge de Cherbourg, le grand-maitre Alain-Noël Dubart et le conseiller fédéral Alain Pigeau participaient jeudi à une conférence sur la Grande loge de France.
À quoi ça sert d'être franc-maçon ? A avoir davantage de pouvoir ? La question est un peu provocante, mais Alain-Noel Dubart, grand-maître de l'une des plus anciennes obédiences maçonniques d'Europe, l'accueille pourtant avec sourire et sérénité. Ce Nordiste sait que la franc-maçonnerie souffre d'une image dégradée, mettant en scène des frères se partageant les marchés, utilisant leur appartenance à une loge pour obtenir tel ou tel avantage. « II y a eu des scandales majeurs, essentiellement sur la Côte d'Azur et au sein d'autres obédiences, mais le ménage a été fait », répond-il.
Consciencieusement, méthodiquement, avec une réelle force de persuasion, le grand maître anime donc des conférences partout en France. Et il était à Cherbourg jeudi dernier, à l'invitation d'une loge cherbourgeoise qui compte trente-cinq membres.
Avant cette réunion, devant la presse, Alain-Noël Dubart explique quelles sont les vraies bonnes raisons d'une adhésion à une loge maçonnique. « Cela sert d'abord à réfléchir à ce qu'on est, à ce qu'on peut faire, à clarifier ses positions métaphysiques, sa place dans la société », développe-t-il. Et l'organisation très stricte des réunions, avec un rituel à l'ouverture des travaux (« pour se déconnecter du monde dans lequel on est plongé. »), sur un sujet de son choix ou imposé par la loge, une discussion (chacun ne pouvant prendre la parole qu'une fois et sur un seul sujet, ce qui oblige chacun à se concentrer sur l'essentiel), les débats sont qualifiés généralement de très riches. « Ce n'est pas comme une discussion dans son salon ou au zinc d'un bar », promet Alain-Noël Dubart.
Un secret qui alimente les fantasmes
Même le secret de l'initiation et le secret des travaux seraient de nature à garantir des discussions plus profondes.
« On peut ainsi s'exprimer très librement, même si on dit des erreurs, même si on est par exemple en contradiction avec un parti politique auquel on appartient », explique le grand-maître Ensuite, libre à chaque frère de dire qu'il est franc-maçon s'il en a envie, mais il est interdit de dévoiler le nom des autres francs-maçons. Et visiblement, pour les frères, tant pis si ce secret alimente des fantasmes.
Pas moins de 33 000 personnes sont en tout cas adhérentes à la Grande loge de France. « Ils sont de toutes les origines sociales, de toutes les convictions religieuses, de toutes les orientations politiques ». assure Alain-Noël Dubart... avant de reconnaître que la diversité sociale n'est pas si évidente « Attirer des ouvriers reste un problème pour toutes les associations qui ont un côté culturel, assure-t-il. Et il faut reconnaître que le recrutement se fait toujours un peu dans le milieu que l'on fréquente. »
Reste que, selon les maçons, le recrutement se poursuit à un bon rythme. En sachant que, une nouvelle fois, il faut respecter scrupuleusement des étapes très strictes : cooptation, candidature, rapport rédigé par trois frères, vote, réponse aux questions des maçons « Au final, dans nos loges, ce sont des gens comme tout le monde, qui ont juste une démarche de réflexion, de recherche spirituelle, plaide le grand maître. La loge, par une démarche initiatique, va les inciter à s'investir davantage encore dans la vie de la société. »
L.G.
Contacts : Cercle philosophique Poséidon, BP 813, 50100 Cherbourg. Grande loge de France, 8, rue Puteaux, 75017 Paris. www.gldf.org.







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