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Au micro,
Marc HENRY,
Astrid Baljoux,
Bonjour,
Au micro : Marc Henry, Grande Loge de France.
Marc HENRY : Je reçois aujourd’hui Astrid Baljoux, Conseiller National de la Fédération Française du Droit Humain.
Bonjour Astrid.
Pourriez-vous nous expliquer ce qu’est la Fédération Française du Droit Humain, en quelques mots ?
Astrid Baljoux : Bonjour Marc.
Très rapidement, je dirais que la Fédération Française du Droit Humain appartient à l’Ordre Maçonnique Mixte International le Droit Humain. C’est donc l’Obédience la plus importante dans la mixité et la plus ancienne. Nous travaillons dans des Fédérations et Juridictions, un peu partout dans le monde.
M. H. : La raison de votre venue aujourd’hui, reçue à la Grande Loge de France - si l’on peut dire - c’est un grand colloque qui aura lieu en mai prochain, en mai 2005. Vous êtes la Présidente du Comité d’Organisation, pouvez-vous nous donner les grands traits de ce colloque ?
A.B. : Effectivement nous organisons ce colloque interobédientiel le 21 mai 2005, au Palais des Congrès, à Paris. C’est un colloque qui réunit les 9 plus grandes Obédiences de la Maçonnerie française. Il va nous permettre de travailler avec le public, avec le monde profane.
M. H. : Il va donc y avoir des Maçonnes, des Maçons et des profanes. Il y a déjà eu ce type de colloques par le passé ?
A.B. : Oui. Le premier colloque interobédientiel a eu lieu en 2001. C’était d’ailleurs à l’initiative de la Grande Loge de France ; plus exactement de sa Commission des Droits de L’homme et du Citoyen.
À l’initiative de cette Commission il y avait 5 Obédiences qui étaient réunies pour travailler sur « la Dignité Humaine, Un droit inaliénable ».
M. H. : C’était un très grand thème. Ce colloque avait eu un grand succès, je crois, en terme d’affluence. Et puis en 2003, nouvelle grande manifestation, je vous laisse en parler...
A.B. : En 2001 nous avons rempli le grand amphithéâtre du Palais des Congrès. En 2003, il y a eu le 275e anniversaire de la Franc-maçonnerie française avec un colloque effectivement.
Et en 2005 nous faisons le 3e grand colloque interobédientiel. Ce qui est différent depuis 2003 c’est qu’au lieu d’être 5 Obédiences nous sommes maintenant 9 Obédiences.
M. H. : Peut-être pourrions-nous les citer ?
A.B. : Bien sûr. Je vais respecter l’ordre protocolaire, c’est un ordre qui est lié à la date de création des Obédiences : Le Grand Orient de France, La Fédération Française du Droit Humain, la Grande Loge de France, la Grande Loge Féminine de France, la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra, la Grande Loge Féminine de Memphis Misrahïm, La Loge Nationale Française, La Grande Loge Mixte Universelle et la Grande Loge Mixte de France.
M. H. : Autrement dit pratiquement toute la Maçonnerie française !
A.B. : Exactement.
M. H. : Le thème de ce colloque, je vais essayer de ne pas trahir votre pensée : « Se construire et construire, autrement » ; je sais que vous tenez beaucoup à cette virgule !
A.B. : Oui, bien sûr. Elle change tout le sens du titre.
Cet autrement s’applique d’une part à se construire personnellement et s’applique d’autre part à construire.
Nous voulons réfléchir tous ensemble et avec les personnes qui n’appartiennent pas à la Franc-maçonnerie sur la façon dont on peut envisager de se construire personnellement pour pouvoir participer à la construction du monde, différemment.
M. H. : Autrement dit, il y a une dialectique entre l’individu et l’humanité, pourrait-on dire.
Ce colloque va s’organiser autour de plusieurs tables rondes, pouvez-vous d’ores et déjà évoquer ces tables rondes ?
A.B. : La première table ronde va réunir les Grands Maîtres et Présidents des 9 Obédiences. Elle s’intitule « La pensée constructive ».
Les Grands Maîtres et Présidents vont aborder différents aspects de cette pensée constructive.
_ Le Grand Maître de la Grande Loge de France va parler de Se construire humainement.
_ Mais il y aura également Spiritualité humanisme, Grande Loge Traditionnelle Symbolique Opéra.
_ Il y aura l’Utopie, également avec la Loge Nationale Française.
_ La Grande Loge Féminine de France parlera des Femmes.
_ Le Droit Humain de l’Europe.
_ Nous avons aussi la Grande Loge Mixte Universelle qui va parler de Construire la Démocratie.
_ La Grande Loge Mixte de France, de l’Engagement citoyen.
_ La Grande Loge Féminine de Memphis Misrahïm parlera de Fraternité et de Solidarité.
_ Et, bien sûr, le Grand Orient de France parlera de la Laïcité.
M. H. : Vaste programme pour un lancement, car ce n’est qu’un lancement.
A.B. : C’est une table ronde qui durera une heure trente. Une heure sera consacrée aux interventions des Grands Maîtres et Présidents et les participants au colloque pourront poser leurs questions et avoir leurs réponses pendant trente minutes.
M. H. : Ensuite, on entrera dans le vif du sujet, dans le développement du sujet, avec une seconde table ronde intitulée : « Se construire, spiritualité et humanisme » .
A.B. : C’est le volet de la construction personnelle. c’est-à-dire à se mettre en capacité de travailler ensuite à la construction du monde, mais en ayant fait d’abord un travail sur soi-même de façon à prendre tout à fait conscience de son humanité et des responsabilités qui incombent à chaque être humain.
M. H. : C’est ce que nous appelons-nous dans notre vocabulaire l’initiation, le passage par l’initiation...
A.B. : Oui, bien sûr.
M. H. : Troisième grand thème et celui-là sera sûrement long et débattu, il s’agit de des « Solidarités à construire ici et dans le monde », vaste programme !
A.B. : Je voudrais dire qu’il ne s’agit pas d’un colloque franco-français, le ici ne veut pas dire exclusivement la France mais l’Europe ; nous sommes convaincus que l’Europe est un concept et une réalité extrêmement importante et que nous devons effectivement chercher des solidarités à construire entre nous tous ; 25 aujourd’hui, plus demain et qu’effectivement il faut prendre la dimension du monde puisqu’il y a beaucoup de pays qui ont besoin de participer à ces solidarités qu’il faut construire.
M. H. : A quoi pensez-vous ? À quel type de solidarité pensez-vous ?
_ Si d’ores et déjà vous avez une petite idée sur la question -
A.B. : Des solidarités sur le plan, c’est un exemple, du travail.
Dans la mesure où si en Europe nous connaissons des difficultés au niveau du chômage - on dit qu’il y a eu pendant un moment le plein-emploi - il faut savoir que lorsque nous, nous avions le plein-emploi, cela n’était pas du tout la situation d’un certain nombre de pays du tiers-monde.
Nous avons été privilégiés pendant un certain temps mais il faut bien nous rendre compte que l’emploi, le travail est nécessaire sur l’ensemble de la planète, dans l’ensemble du monde et c’est quelque chose d’important au moment où l’on parle de mondialisation, de délocalisation, etc.
Il y a là des éléments fondamentaux sur lesquels il faut réfléchir et essayer de proposer peut-être des possibilités de solution.
M. H. : Est-ce que ce n’est pas un projet très ambitieux ? Nos « politiques » , de tous les pays d’ailleurs, d’Europe et du monde, s’attaquent à ce type de question : Alors qu’est-ce que les Francs-maçons et les Franc-maçonnes, même réunis tous ensemble ont de plus à dire sur des sujets comme celui-là ?
A.B. : Vous pensez qu’ils s’y attaquent vraiment !
M. H. : Je l’espère en tout cas.
A.B. : N’ont-ils pas plutôt un discours. Lorsqu’ils annoncent de grandes décisions et que l’on voit dans les années qui suivent, la non-réalisation de ces grandes décisions, on peut se poser des questions. Il semble quand même que si les différentes populations des pays européens sont vraiment mobilisées sur les sujets, peut-être que leurs gouvernants seront plus enclins à passer à l’action.
M. H. : Oui. C’est ce que disait l’Abbé Pierre, il faut motiver les politiques.
Quatrième grande table ronde « La laïcité principe d’avenir », pouvez-vous nous en dire quelques mots là encore.
A.B. : La laïcité. Certains de nos auditeurs vont peut-être se dire, encore la laïcité, on parle sans cesse de cette laïcité, mais il nous semble que la situation dans le monde, et on le voit très bien avec les différents conflits à la surface de la Terre, que la laïcité peut jouer un rôle extrêmement important de façon à ce que les humains cessent de s’étriper pour leurs convictions religieuses.
M. H. : J’avais justement envie de vous poser cette question un peu politique, est-ce que nous ne sommes pas un peu à contre-courant avec un thème comme celui-là aujourd’hui, au moment où l’on voit resurgir ici et là des communautarismes d’ordre religieux, quelle que soit la religion d’ailleurs !
A.B. : Quelle que soit la religion, vous avez effectivement raison d’insister là-dessus. Je note néanmoins qu’un certain nombre de pays européens qui avaient adopté des positions beaucoup plus compréhensives sur ces problèmes de communautarisme ; eh bien observent avec attention ce qui se passe dans la société française. Et certains commencent à constater que la permissivité peut-être - je ne sais pas si c’est le bon terme - qu’ils avaient voulu mettre en place se retourne un peu contre eux aujourd’hui.
Il semblerait quand même que le droit à la différence - puisque le communautarisme, c’est un peu le droit à la différence - n’inclut pas forcément la différence des droits.
M. H. : Absolument.
Nous avons évoqué très rapidement ces quatre grandes tables rondes, comment cela va-t-il se dérouler ? Combien d’intervenants pour une table ronde ? Un conférencier et des auditeurs ou plusieurs conférenciers...
A.B. : Je mettrai de côté bien sûr la Pensée constructive, puisque les intervenants sont les neuf Grands Maîtres et Présidents des Obédiences.
En ce qui concerne les trois autres tables rondes, nous aurons 4 intervenants, avec un modérateur et chacun disposera d’un quart d’heure pour exposer son point de vue sur le sujet et la salle pourra poser des questions et entendre des réponses aussi pendant une demie heure.
M. H. : Je sais que vous ne souhaitez pas encore nous dévoiler le nom des intervenants mais vous pouvez peut-être répondre à cette petite question seront-ils tous Francs-maçons et Franc-maçonnes.
A.B. : Pas du tout. Certains seront Francs-maçons mais nous n’avons pas privilégié, dans nos recherches d’intervenants, l’appartenance à la Franc-maçonnerie.
Ce qui nous a paru, dans le Comité d’organisation, essentiel c’est d’avoir avec nous des personnalités qui réfléchissent à ces problèmes et qui ont des démarches...
Ce n’est pas un colloque maçonnico-maçonnique.
M. H. : Je crois que vous avez également prévu d’accueillir des personnes en difficultés, de prévoir quelque chose de tout à fait particulier à leur égard et à leur intention...
A.B. : Déjà en 2001, nous avions tenu absolument à ce que la Dignité humaine soit une réalité et donc ce premier colloque avait été traduit simultanément pour les personnes sourdes et malentendantes et bien évidemment ce colloque 2005 sera également traduit en simultané.
Nous aurons un accueil personnalisé pour les personnes à mobilité réduite, parce que pour nous c’est fondamental que la Dignité Humaine soit vécue.
M. H. : Autrement dit, c’est un nouveau colloque mais qui est tout à fait dans le droit fil des précédents, nous avançons ensemble...
A.B. : Je pense que nous avons commencé un chemin fort riche et qu’il est intéressant et utile de persévérer dans cette voie.
M. H. : En quoi est-ce que les « initiés » peuvent apporter une pensée nouvelle, un regard différent sur le monde par rapport à ces grands problèmes de société, puisqu’on l’a vu à travers les thèmes de ces quatre tables rondes, que nous étions bien dans tous les problèmes qui se posent actuellement à nos semblables...
A.B. : Cela c’est je pense ce que l’on a coutume d’appeler le secret de l’initiation, c’est-à-dire que nous avons des coutumes pour travailler ensemble qui font que nous nous écoutons les uns les autres, que nous nous entendons les uns les autres et que cette diversité d’idées, qui est ainsi exprimée, nous enrichit les uns les autres.
C’est une occasion je crois tout à fait intéressante de permettre à des personnes qui n’appartiennent pas à la Franc-maçonnerie de venir travailler avec nous et de voir comment nous travaillons et de participer à ce travail. Cela me paraît être une dimension très importante.
M. H. : Comment fait-on pour venir à ce colloque ? On n’a pas donné précisément la date, je crois, on va la donner ?
A.B. : Ce colloque se déroule le 21 mai 2005 au Palais des congrès à Paris, il se déroule de 8 h 45 à 17 h 30.
On ne pourra rentrer à ce colloque qu’en s’étant préalablement inscrit. Les personnes qui s’inscrivent recevront un badge à leur nom.
Pour l’instant vous pouvez aller sur le site Internet de la Grande Loge de France : www.gldf.org, puisqu’elle y a mis les fichiers des notices explicatives et le bulletin individuel d’inscription mais très prochainement vous pourrez trouver tout cela sur tous les sites de toutes les Obédiences et bien sûr par correspondance.
Marc HENRY : En l’occurrence ce n’est pas une question de préséance mais c’est une question d’efficacité... c’est pour qu’un maximum de personnes puisse rejoindre ce colloque.
A.B. : Il se trouve que c’est un hasard que la Grande Loge de France l’ait mis en premier.
M.H. : Je voulais vous demander, est-ce qu’il y a une participation financière ?
A.B. : Oui bien sûr. Ce sont des dépenses très importantes et vous savez que nous fonctionnons avec nos propres cotisations. La participation est de 12 € par personne. Il y aura également des minutes qui paraîtront après ce colloque et on peut commander les minutes même si l’on ne participe pas au colloque lui-même.
M.H. : Souhaiteriez-vous ajouter quelque chose sur ce thème ?
A.B. : Je pense que cela sera une manifestation enrichissante pour tous.
M.H. : C’est la grande salle du palais des congrès
A.B. : Oui, le Grand Amphithéâtre.
M.H. : Ma dernière question : attendez-vous des personnalités politiques à ce congrès ?
A.B. : Oui. Nous allons en inviter mais nous ne sommes pas sûrs qu’elles pourront se libérer.
M.H. : Je suis persuadé qu’elles vont faire un effort pour être des vôtres et des nôtres.
Je vous remercie beaucoup Astrid Baljoux.
A.B. : Merci.
Au revoir.










