Revue "Points de Vue Initiatiques"
Pour écouter l’émission cliquer sur le triangle :
Invités : José Barthomeuf,
Dimitri Davidenko
Bonjour,
Au micro : Marc Henry, Grande Loge de France.
Je me permets de vous présenter mes meilleurs vœux pour 2005.
Si je vous présente ces vœux, c’est que pour nous Francs-maçons de la Grande Loge de France, c’est une période qui a une importance toute particulière puisque nous venons de fêter le solstice d’hiver, c’est-à-dire la Saint Jean l’évangéliste.
Je vous parlais le mois dernier de la dernière parution de notre revue Points de Vue Initiatiques consacré aux Mystères des Saint Jean .
Je reçois aujourd’hui José Barthomeuf, Directeur de la Rédaction, ainsi que Dimitri Davidenko, Rédacteur en Chef de notre revue.
Marc Henry : José, pourriez-vous nous dire tout ce qui vient de changer dans la parution de Points de Vue Initiatiques.
José Barthomeuf : En premier lieu, je considère Points de Vue Initiatiques comme la revue de la Grande Loge de France donc on doit y parler des sujets de la Grande Loge de France. C’est-à-dire ce qu’on y fait, pourquoi on le fait, comment on le fait, parler des valeurs que l’on défend, comment on y rentre et pourquoi on y reste.
Effectivement, nous fêtons notre 33e anniversaire mais c’est aussi le mien. Je suis entré en maçonnerie le même trimestre que le numéro un de Points de Vue Initiatiques.
J’avais été tout à fait frappé par l’éditorial, écrit par le Grand Maître de l’époque, le Docteur Pierre Simon. Il disait clairement que la vocation de cette revue était d’en faire un instrument de travail pour les Maçons de la Grande Loge de France.
C’est à cette vocation que je tiens à revenir.
M.H. : On peut aussi dire que Points de Vue Initiatiques est ouvert à des non initiés...
J.B : Absolument. Ce n’est pas une revue exclusive, confidentielle, ésotérique. Elle est ouverte à tous. Il est évident, encore une fois, que nous écrivons en priorité pour nos membres mais nous n’avons pas de secrets - c’est une fausse histoire - la preuve, nous publions des articles pour tout le monde. On trouve notre revue dans toutes les bonnes librairies spécialisées, la FNAC. Il est également possible de s’y abonner à des prix tout à fait raisonnables.
M.H. : Parlons de ces prix raisonnables parce qu’en général les prix ont tendance à augmenter et vous vous avez décidé de faire le contraire.
J.B : Nous ne voulions pas que le prix soit un frein à l’achat. Je considérais que cette revue était trop chère et j’ai obtenu du Conseil Fédéral, du Grand Maître, que l’on baisse les prix. Notre objectif n’est pas de faire de l’argent mais de donner des outils à nos Frères pour travailler.
Cela doit être un compagnon de route qui les éclaire dans leurs travaux.
Clairement aussi, dans notre politique rédactionnelle, nous écrivons pour être compris par tous. Nous n’écrivons pas dans un langage ésotérique, nous écrivons pour être compris par tous, à commencer par nos chers apprentis.
M.H. : Soyons clairs, combien en coûte-t-il aujourd’hui d’être abonné à Points de Vue Initiatiques ?
J.B : Une misère. 5 euros c’est le prix du numéro. Quatre numéros par an, 20 euros. Si vous avez la sagesse de souscrire pour deux ans, huit numéros pour 30 euros. Un cadeau.
M.H. : J’aimerais que Dimitri Davidenko, Rédacteur en Chef, nous explique comment, à partir de ce cadeau qui consiste à faire descendre les tarifs d’abonnement, on arrive à faire une revue encore plus riche tant au plan de l’écriture qu’au plan de l’iconographie ?
Dimitri Davidenko : Ce sont deux choses différentes. La richesse de l’écriture, elle provient des auteurs. Il s’agit de demander aux Frères de la Grande Loge de France, qui sont capables de s’exprimer par écrit, de faire des articles.
C’est le Directeur de la Rédaction qui choisit ces articles et qui en fait le thème principal de chaque numéro.
Il y a également les progrès techniques qui font qu’aujourd’hui on peut imprimer en quatre couleurs pour moins cher qu’auparavant en noir et blanc.
Donc si le fond initiatique reste toujours le même, il est immuable, la forme doit s’adapter à l’époque. La forme de l’époque actuelle, c’est le support des images. L’apport des images fait que les textes sont éclairés et, bien qu’ils soient rédigés de façon claire, cela apporte encore de la clarté, de la lumière et comme vous le savez la lumière est quelque chose qui est chère à nos cœurs.
J.B : Jean Cocteau disait qu’une photo, une image valait 100 000 mots.
M.H. : Si vous le voulez bien, nous allons en venir au contenu de ces Mystères des Saints Jean. Vous écrivez en quatrième de couverture :
« Si Saint Jean l’Évangéliste , à jamais uni à Saint Jean le Baptiste, est depuis toujours le patron des Francs-maçons, comme il fut jadis celui des Templiers et d’autres ordres de chevalerie, c’est que depuis toujours il demeure le patron des initiés » .
Dimitri Davidenko, vous qui avez écrit le 1er article, pouvez-vous nous expliquer cette formule ?
D.D. : Oui. Cette formule s’explique par le fait qu’à l’origine il y a le dieu Janus. Dieu bifrons, qui a deux visages, dont on dit habituellement que l’un est tourné vers le passé et l’autre vers l’avenir. Mais, il y a un troisième visage au milieu, ce visage est invisible, c’est le visage du présent. Les deux Saint Jean figurent à la fois dans le temps qui passe mais aussi de façon invisible, dans le présent, dans lequel nous devons vivre et auquel la démarche initiatique - et singulièrement la démarche maçonnique de la Grande Loge de France - invite ces initiés à se réaliser au sens de faire rentrer dans leur réalité le présent.
M.H. : Car nos Loges, je ne pense pas trahir un secret en disant cela, c’est connu d’à peu près tout le monde, nos Loges, sont des Loges de Saint Jean. Est-ce que vous pouvez nous expliquer pourquoi ?
D.D. : Parce que Saint Jean, c’est à la fois le précurseur, celui qui annonce l’arrivée de la bonne nouvelle et celui qui la formule. Or, ce qui est intéressant dans l’Évangile de Saint Jean c’est qu’il est non pas ésotérique - comme on a coutume de le dire rapidement - mais qu’il est symbolique. Tout dedans est symbole donc, à la fois universel et intemporel. En se basant sur cette symbolique, chacun d’entre nous, tout homme, toute femme, peut accéder à la démarche initiatique.
M.H. : José Barthomeuf comment s’est construit ce numéro très particulier sur les Mystères des Saint Jean ?
J.B : Il y a un Comité de Rédaction tout à fait sérieux et élargi à l’ensemble de l’hexagone, ce n’est pas un comité parisien, mais national. Nous nous réunissons pour choisir des thèmes qui sont chers à notre maison et à notre symbolique. Nous essayons aussi de coller à l’actualité. Il était tout à fait normal et évident que l’on consacre le numéro de décembre aux Saint Jean. Nous aurions pu faire de même au mois de juin. Mais tranquillisez-vous nous n’en reparlerons plus avant longtemps car dans ce numéro, je crois que nous avons fait un tour de la question avec des auteurs très éclairés et qui savent écrire.
M.H. : Est-ce que vous pouvez nous dire quelques mots des articles de ce numéro et des auteurs qui y ont participé ?
J.B : Les auteurs, par exemple Jean-Emile Bianchi qui vient de sortir un livre, précisément sur Janus. Il y aussi un auteur de Bandol, Bruno Phélébon-Griolet, Dimitri, bien évidemment participe généreusement et il façonne les clés.
Nous nous tournons déjà vers les prochains numéros. Nous avons en préparation un numéro particulièrement intéressant sur un de nos symboles majeurs le Grand Architecte de l’Univers, présenté comme un symbole de liberté de pensée, comme un concept nécessaire qui est au-dessus et au-delà de toutes les religions .
M.H. : Cela sera pour mars !
J.B : Cela sera pour début mars. Par la suite nous envisageons début juin, un numéro très marquant. Il va parler de notre identité et de la spécificité de la Grande Loge de France J’aurai des auteurs de grande qualité : 4 Grands Maîtres, un Grand Maître Adjoint. À commencer par Pierre Simon, le doyen des Grands Maîtres qui parlera de l’adogmatisme ; Jean-Louis Mandinaud qui parlera du Rite ; Georges Komar qui va parler des valeurs ; Alain Pozarnik, notre Grand Maître actuel et Alain Graesel qui est Grand Maître Adjoint et qui est de Nancy.
M.H. : Revenons au contenu de ce numéro sur les Mystères des Saint Jean. Dimitri Davidenko, il est relativement rare de trouver dans une revue quelle qu’elle soit un rituel et pourtant vous avez écrit un article qui s’intitule la Saint Jean d’été des fendeurs et des charbonniers et vous proposez aux lecteurs un rituel.
D.D. : C’est un rituel qui s’adresse à une cérémonie tout à fait spécifique qui est la cérémonie de la Saint Jean d’été. Cérémonie à laquelle on peut inviter des non-initiés. C’est quelque chose qui se pratique dans toutes les voies initiatiques puisqu’il faut nous faire connaître et dire qui nous sommes.
Les fendeurs et charbonniers ce sont des francs métiers qui ont bien évidemment disparu. J’ai voulu faire le parallèle entre ce rite propre à des francs métiers par rapport à la franc-maçonnerie qui a été le franc métier principal mais tous participent à la construction de l’édifice.
Les parallèles sont très frappants avec quelques différences, disons, mais cela montre que la démarche initiatique est partout la même, partout dans le monde. Elle diffère simplement dans la forme et elle s’appuie parfois sur des symboles différents.
La démarche initiatique est toujours la même et on la retrouve. Toute cette symbolique des fendeurs, des charpentiers dirait-on maintenant et des charbonniers qui étaient les hommes qui fabriquaient le charbon de bois - à l’époque où l’on n’utilisait pas le charbon tel qu’on le connaît aujourd’hui le charbon de terre - montre que c’est une forme d’expression qui leur est propre mais que l’on retrouve avec les Francs-maçons dits opératifs, dans les cathédrales, dans les églises, dans les abbatiales et même des bâtiments comme les Hôtel de ville qui sont dits profanes mais qui, en réalité, sont aussi des maisons communes à tous les hommes.
M.H. : Pouvez-vous développer cet aspect qui est assez méconnu, je pense !
D.D. : Oui, une cathédrale par exemple qui est un grand édifice est en fait une forêt. Tous les piliers sont prolongés par des arcs de voûte qui supportent la voûte centrale et sont à l’image des arbres d’une forêt dont les branches charpentières forment la voûte.
Ces arbres, on les retrouve dans la cathédrale selon un plan, orienté selon les points cardinaux, qui mène à une clairière centrale qui est le cœur éclairé de toutes parts.
Les fendeurs et charpentiers établissaient leur atelier au centre de 4 routes dans une clairière où convergeaient quatre routes orientées selon les points cardinaux. Ainsi, quel que soit l’endroit d’où l’on vient, si l’on va vers le centre, on aboutit à l’atelier, c’est-à-dire le véritable atelier, nous-même. L’initié est à la fois l’ouvrier, l’objet de son travail, et la résultante de ce qu’il fait sur lui-même.
M.H. : On voit donc bien la grande différence qu’il peut y avoir entre une extériorité et un travail sur l’intériorité. L’initiation c’est avant tout la deuxième formule !
D.D. : C’est le travail sur l’intériorité et chez les opératifs, leur métier était l’expression de leur intériorité. Les compagnons, encore actuellement, ne forment pas des ouvriers, ils forment des hommes qui sont bien évidemment des ouvriers par excellence. C’est toujours vrai pour nous tous, nous sommes ce que nous faisons. S’il n’y a pas intériorité, il ne peut pas y avoir extériorité.
J.B : Je me tourne toujours vers l’avenir. C’est le travail du Directeur de la Rédaction d’imaginer pour inciter nos lecteurs à être fidèles à notre revue.
Nous allons traiter d’autres sujets initiatiques, symboliques, traditionnels à commencer par la symbolique de la construction.
Nous ferons un numéro avec pour thème Construis-toi toi-même, sur l’Art royal comme nous l’appelons.
Il y aura aussi un numéro sur la mort initiatique Meurs et deviens.
Les sujets ne manquent pas. Nous aurons également des numéros :
la science à l’épreuve de la Franc-maçonnerie ou vue par les Francs-maçons ;
Pensée rationnelle, pensée traditionnelle ;
Les trois grandes Lumières de la maçonnerie, avec l’équerre, le compas et le volume de la loi sacrée ;
Etre franc-maçon pour quoi faire ? ;
La Franc-maçonnerie dans le monde moderne.
Nous ne manquons pas de sujets et l’avenir est devant nous.
M.H. : J’aimerais que vous nous expliquiez comment la maçonnerie en général qui est une démarche initiatique individuelle peut avoir quelque chose à dire sur la science qui par définition semble être un domaine du rationnel pur et dur ?
J.B : « Tout ce qui monte converge » - C’est Teilhard de Chardin qui disait cela.
Dès l’instant où une méthode qu’elle soit scientifique, initiatique, historique, se tourne vers une étude sur le monde, dans lequel on vit, l’univers qui nous entoure, pour mieux connaître l’univers et les dieux eh bien le scientifique, l’historien, le franc-maçon se retrouvent.
Nous cherchons tous à expliquer l’univers et à essayer de calmer nos angoisses métaphysiques.
Einstein disait : « Le jour où la physique aura rejoint la métaphysique, le monde sera parfait ».
M.H. : Eh bien c’est sur cette citation d’Einstein que nous terminerons cette émission.
Merci, José Barthomeuf, Dimitri Davidenko, d’y avoir participé.







Radio


