Madame, Mademoiselle, Monsieur, bonjour.
Au micro,
Serge DEKRAMER,
Marc HENRY, Alain POZARNIK,
Serge Dekramer : Aujourd’hui, pour l’émission « la Grande Loge de France vous parle », nous recevons Alain Pozarnik. Sa présence n’était pas tout à fait prévue pour cette émission puisqu’en fait il remplace le Grand Maître qui est appelé à d’autres occupations. Nous en sommes ravis parce qu’Alain Pozarnik est responsable de la Communication à la Grande Loge de France et nous allons échanger sur un sujet qui lui tient à cœur. Il s’agit de communication externe mais aussi de communication beaucoup plus intime.
La première question que j’ai envie de vous poser est : « qu’entend-on par Communication à la Grande Loge de France ? »
A.P. : Il y a plusieurs niveaux de Communication. Il y a celles qui transmettent à l’extérieur : les conférences publiques, les expositions, les livres, les colloques ...
La Grande Loge de France a des expositions itinérantes organisées par son Musée. Cette année, par exemple, une exposition à l’occasion du deuxième centenaire de l’expression moderne du Rite Ecossais Ancien et Accepté, Rite initiatique qu’utilise la Grande Loge de France. Notre Obédience organise aussi des conférences publiques tous les troisièmes samedis du mois, à Paris. Ces conférences sont ouvertes à tout le monde. _ Elles font connaître aussi bien l’esprit culturel que l’esprit initiatique de la Grande Loge de France. J’ai prévu de faire circuler ces conférences dans les principales villes de province.
Il y a évidemment, aussi, une communication interne, c’est-à-dire transmettre les méthodes de travail initiatique aux Frères de la Grande Loge de France par l’organisation de journées d’étude, d’échanges d’informations, de rencontres fraternelles de cœur à cœur, de partage de nos expériences ...
Tout ceci, par analogie, veut dire que nous avons besoin de communiquer avec nous-mêmes ainsi qu’avec l’extérieur. C’est-à-dire que nous vivons en relation avec deux mondes. Un monde extérieur où nous rencontrons les autres et un monde intérieur où nous rencontrons l’autre que nous sommes. Notre évolution consiste à apprendre à connaître les deux mondes et à communiquer encore davantage avec ces deux mondes pour les rencontrer dans leurs réalités et y trouver notre place.
S.D. : Cette communication avec nous-mêmes est très importante. Elle est, je crois, ce qui vous tient le plus à cœur, nous allons y revenir.
A.P. : Les deux sont extrêmement importantes et nous ne connaissons vraiment ni l’une ni l’autre. Mais la communication avec nous-mêmes me tient à cœur parce qu’elle n’est jamais abordée dans la construction d’un enfant en adulte.
S.D. : J’aimerais, avant, que l’on précise un peu plus cette communication extérieure, car il y quand même la présente émission que nous faisons et qui est un exemple assez formidable de communication extérieure, puisqu’elle s’adresse à tout le monde.
En communication interne, il s’agit de faire passer, de communiquer la démarche maçonnique et là on arrive à autre chose.
Marc Henry : Quel est le support de la transmission de laTradition ?
A.P. : Le support de la transmission de la Tradition est, en premier lieu, le rite et ses rituels. Il y a plusieurs rituels qui nous présentent des facettes différentes du travail de rencontre avec nous-mêmes et du travail sur nous-mêmes en fonction de l’évolution de notre conscience. L’ensemble de ces rituels constitue le Rite qui constitue l’ensemble du chemin. Le pèlerinage sur ce chemin nous permet d’avancer à partir de ce que nous sommes jusqu’à ce que nous atteignions, peut-être un jour, ce que nous aspirons à devenir dans tous les mondes.
S.D. : Quel est le but de ce rite, de ces rituels qui doivent se reproduire j’imagine de manière récurrente ?
A.P. : Le but ? Il varie en fonction de notre progression. Nous passons de l’imagination à la réalité. Le but ? c’est de passer de notre insatisfaction d’être, à la réalisation de notre Être Humain. Le but ? C’est d’achever volontairement la construction de l’Homme véritable. ...
S.D. : L’homme a besoin de sacré
A.P. : Oui, l’homme a besoin d’un sacré qui n’est pas forcement religieux mais qui correspond à ce qu’il se sent être intimement. La société, dans son ensemble, a besoin de sacré. Elle a besoin de sacré pour exister, parce qu’elle est peut-être la manière la plus humaine d’atteindre le sacré intime... une société sans sacré n’a pas de civilisation.
Il ne faut pas confondre le sacré et la religion.
Tout homme sent un appel à devenir plus que ce qu’il est en apparence de façon ordinaire, ou tout au moins il sent qu’il est plus que le mammifère ou l’animal auquel il ressemble tant. A ce moment là, il aspire à aller à la rencontre de son Être intérieur pour découvrir ce qu’il est profondément. C’est une saine curiosité !
S.D. : Ces rituels, ce rite se situent, se déroulent dans un lieu précis que l’on appelle le Temple. Comment définir le Temple, maçonnique ?
A.P. : Le Temple maçonnique est un lieu très particulier, un lieu privilégié où l’on peut se rencontrer avec soi-même et avec les autres. Où l’on peut rencontrer une dimension de la vie plus universelle que les simples apparences ?
Non seulement la maçonnerie nous propose une méthode mais elle nous propose aussi un lieu, un lieu où l’on se prépare à rentrer, comme on se prépare à rentrer dans un dojo, comme on se prépare simplement, de manière profane, pour se rendre au théâtre, comme les élèves peuvent se préparer pour rentrer en classe. Lorsqu’il y a un changement, un passage il faut préparer sa conscience à accueillir cette différence.
On ne va pas dans un Temple maçonnique, qui symbolise le Temple que nous sommes, de façon ordinaire. On rentre dans un lieu très particulier, un lieu de paix, de sérénité où l’on se rend pour essayer de rencontrer sa Vie, le sens de la Vie. Pour avancer et progresser vers cette grande Conscience il faut apprendre à se dépasser, à dépasser les bornes de notre petite conscience. En maçonnerie, nous avons un lieu tout à fait particulier où l’on essaye de se rencontrer tel que nous sommes pour nous dépasser ; c’est ce que l’on appelle se transcender.
S.D. : Il s’agit d’un lieu quelque part, qui nous permet de couper court avec le quotidien.
M.H. : Cela nous permet de couper court avec le quotidien mais le mot Temple, est un mot assez fortement connoté.
Quand on dit Temple, on pense souvent aux religions, faut-il l’envisager dans le même sens en maçonnerie ?
A.P. : Non, pas du tout. Le Temple est le symbole de soi-même. On pénètre en soi comme on pénètre dans une cathédrale.
Mais l’on peut très bien pratiquer une recherche initiatique en maçonnerie soit en étant religieux soit en étant complètement athée.
La Maçonnerie s’adresse à quelque chose de totalement différent de la croyance. Il ne s’agit ni de croyances ni de non-croyances qui sont simplement des contraires. Il s’agit de Connaître, de Découvrir, d’éveiller une conscience personnelle de plus en plus large. N’est vrai pour un Franc-maçon que ce que sa conscience lui permet d’appréhender.
Qu’un jour on découvre la même chose que ce que disent les religions, ou tout au moins qu’à un moment donné on comprenne par expérimentation ce que voulaient nous enseigner les religions c’est un autre problème. Il est probable qu’à travers notre vécu initiatique nous allions vers la même transcendance, c’est-à-dire le dépassement de ce qu’est un homme-animal, le dépassement pour retrouver ce que sont profondément nos valeurs purement Humaines.
C’est probablement ce qui manque à notre siècle : avoir des valeurs fondamentalement humaines.
Dans ce lieu de préservation de la Tradition qu’est un Temple nous apprenons et réveillons nos valeurs pour pouvoir les vivre à l’extérieur. C’est-à-dire, tout simplement les vivre au quotidien.
S.D. : Cependant, il me semble que la démarche maçonnique a quelque chose à voir avec les religions, disons qui ont une démarche ésotérique ! Il s’agit en fait d’un travail sur soi vers quelque chose que l’on connaît mal mais que l’on voudrait atteindre, c’est donc un peu la même chose ?
A.P. : Chaque religion a un côté ésotérique. Si on prend le soufisme c’est le côté ésotérique de l’Islam. Si on prend la kabbale c’est le côté ésotérique du judaïsme, et dans le christianisme, en occident, il y a aussi un côté ésotérique qui permet un développement et un éveil de la conscience.
M.H. : Comment se situe la Franc-maçonnerie par rapport à ces courants qui existent dans les religions ?
A.P. : Il est probable que la Franc-maçonnerie soit une des dernières traces dans le christianisme de l’ésotérisme judéo-chrétien, la trace occidentale la plus profonde de l’éveil. Mais toutes les Voies ésotériques, toutes les voies profondément initiatiques aboutissent à la même conscience de la même réalité.
Finalement tous les ésotérismes se retrouvent. Lorsque l’on est éveillé, il n’y a plus un ésotérisme chrétien, un ésotérisme judaïque ou un ésotérisme musulman. Tous les ésotérismes conduisent à la même conscience universelle même si les chemins sont différents.
Et, en même temps tous ces ésotérismes se sont enrichis les uns des autres. La Franc-maçonnerie s’est enrichie des ésotérismes de l’humanité entière, parce que depuis que les hommes existent ils ont toujours cherché à être des Hommes.
M.H. : Qu’est-ce qui fait, à travers tout ce que vous venez de nous décrire, que la maçonnerie n’est pas une auberge espagnole ?
A.P. : La maçonnerie n’est pas une auberge espagnole parce qu’il ne s’agit pas de venir avec toutes les facettes de son ego pour continuer à s’alimenter et se nourrir de ce que l’on a envie. Il s’agit de se dépasser et donc d’utiliser d’autre nourriture. C’est le contraire d’une auberge espagnole. On vient chercher ce que la maçonnerie a à nous donner et l’on laisse tout le reste de nos habitudes à l’extérieur.
La méthode maçonnique est une méthode qui nous permet, de façon très précise, de prendre contact avec notre Être intérieur inconnu et jamais nourri.
L’ésotérisme maçonnique est une science. Il y a vraiment une science de l’initiation. On part d’un point et on arrive à un autre avec, pour le sage, une connaissance parfaite du cheminement.
S.D. : Est-ce que cela veut dire que la méthode maçonnique est à rapprocher de la science ? y a-t-il une 1ère partie dans la méthode maçonnique qui consiste à travailler de manière scientifique, avec la raison ? et puis arrive un moment où la raison ne suffit plus et à ce moment là on passe à autre chose qui permet aux maçons d’aller finalement au-delà de l’homme !
A.P. : On travaille toujours avec l’intelligence. Il faut comprendre cette méthode particulière et aussi comprendre ce que l’on découvre. Il faut comprendre où l’on va. Il faut comprendre ce que l’on vit ; il faut comprendre son expérience personnelle. Si on ne la comprend pas ce n’est plus de la conscience, c’est de l’inconscience et ce serait le contraire de la voie initiatique que de vivre automatiquement ce que l’on vit. Comme cette intelligence demande aussi de la sensibilité nous avons l’habitude de parler de l’intelligence du cœur.
Pour retrouver cette conscience, on a le support du Rite. Le Rite sait exactement ce dont on a besoin de travailler en fonction du niveau où l’on se trouve et du chemin que l’on va emprunter. Chaque cause a un effet et chaque effet a une cause. Comme dans toutes les sciences les processus sont parfaitement répertoriés même s’ils sont d’une complexité extrême. La matière étudiée est l’Homme dans son milieu, le plus difficile est d’être objectif.
S.D. : Ce travail se fait dans les Temples j’imagine, avec un certain nombre de maçons qui sont là, donc il s’agit d’un travail collectif quelque part. Est-ce que vous pouvez préciser ?
A.P. : C’est un point intéressant parce que si nous sommes tous différents sur le plan de l’ego, de la personnalité, de l’hérédité et du fonctionnement de notre intelligence, de notre affect, de notre corps, l’être intérieur, par rapport à ces différences, est identique pour chacun.
Nous recherchons ensemble, parce que nous sommes toujours pris par les mécanismes de notre ego. Nous n’avons jamais une vigilance suffisante, une attention suffisante vers l’intérieur. Nous ne l’avons jamais appris. Nous avons toujours appris à être les plus intelligents, les plus beaux. Nous sommes tellement identifiés à nos fonctionnements automatiques que jamais nous prenons le temps de nous écouter intérieurement, nous sommes toujours distraits.
Quand nous sommes ensemble, voir quelqu’un d’attentif et de vigilant nous rappelle notre distraction et nous renvoie sur le chemin de l’effort initiatique. En même temps d’être ensemble nous insère dans la vie quotidienne et évite de nous embarquer dans des directions excessives et fantasques.
S.D. : J’entends bien mais cependant lorsqu’il y a réunion d’hommes il y a fatalement - je le dis dans un sens positif - un petit peu de conflit, tout le monde n’est pas d’accord avec tout le monde. Est-ce que vous considérez cela comme un élément enrichissant ?
A.P. : C’est un élément enrichissant à condition qu’au lieu de s’opposer, on essaye de se regarder et de comprendre comment et pourquoi on réagit. Si on se rend compte combien notre idée est restreinte par rapport à l’idée d’un autre, si l’on perçoit notre désir de nous imposer et de convaincre l’autre de la justesse de nos idées au lieu d’écouter, alors nous perfectionnons notre conscience.
Mais nous pouvons vivre aussi les conflits de la manière habituelle sans rien comprendre de nouveau et dans ce cas ils ne nous apportent rien.
Dans notre vie quotidienne, nous sommes en opposition et en compétition avec les autres.
C’est toujours à cause des autres si nous ne sommes pas généreux ou fraternels. Ici, dans un temple, on va vivre la même chose mais on a le temps de se comprendre. On a le temps de s’écouter, de voir quels sont les mécanismes qui nous emprisonnent. Alors nous progressons grâce aux conflits qui éclairent notre « personnalité » et nous apprenons à les résoudre dans la vie quotidienne.
S.D. : Finalement, il s’agit de conflits au niveau des idées et non pas au niveau des personnes.
M.H. : Alain Pozarnik, je voudrais savoir comment cela fonctionne, vous nous dîtes rituel, rite écossais, très bien ; cela veut dire que c’est une démarche particulière par rapport à d’autres rites possibles. Comment cela se passe ensuite pour arriver à ce que vous évoquiez tout à l’heure, c’est-à-dire cette construction de soi. Cela passe par le silence, cela passe par l’observation, comme vous l’avez évoqué ?
A.P. : C’est vrai que la 1ère étape c’est le silence qui va nous permettre de nous découvrir.
La 1ère initiation, à laquelle l’on va assister, c’est une initiation qui nous montre que l’on va partir en voyage à l’intérieur de soi-même, descendre dans son espace que nous appelons « cabinet de réflexion », c’est-à-dire un endroit où nous n’avons jamais accès à l’intérieur de nous-mêmes et qui va devenir notre point de référence, d’observation où tout est noir. On ne comprend pas encore grand-chose et on va faire ce voyage dans le silence pour apprendre à voir.
Quand on est silencieux pendant quelque temps, on voit que l’on n’arrive pas à rester ancré à l’intérieur de soi mais que l’on est complètement accroché aux mouvements de ses idées.
On se dit : « il ose dire ceci » ou « comment a-t-il osé dire cela » ou encore « s’il pouvait m’écouter, je suis plus intelligent que lui » et parfois « me faire entendre me permettrai d’être aimé et admiré ».
On peut s’apercevoir que, finalement, on s’oppose toujours sur des choses très futiles et que l’on perd cet axe de référence intérieur qui est un axe de paix, de sérénité qui nous permettrait d’affronter les tourments de la vie tout en restant tranquille soi-même.
S.D. : Finalement, on apprend ce qu’altérité veut dire, quelque part ?
A.P. : C’est naturellement une rencontre avec les autres. Nous vivons toujours avec, par et pour les autres.
S.D. : Dans le fonctionnement de la Franc-maçonnerie, il y a diverses hiérarchies, diverses responsabilités, divers grades aussi.
Comment cela se passe, est-ce que la maçonnerie est démocratique, est-ce qu’il y a des élections ou est-ce que les gens sont désignés ...
A.P. : La Franc-maçonnerie est une organisation qui fonctionne d’après les lois 1901 sur les associations. Il y a donc des votes tout à fait libres pour choisir un Président, un Trésorier, un Secrétaire qui sont élus pour un an, renouvelable maximum trois ans, de façon à ne pas monopoliser ou orienter dans une seule direction la Loge. La Loge est la plus petite entité où tout le monde travaille. La Grande Loge de France est une confédération de Loges. _ Elle regroupe près de 800 Loges et le Président de cette Confédération est bien sûr élu par un vote démocratique.
Notre recherche nous amène à comprendre qu’il y a des grandes lois dans le fonctionnement d’une société comme il y a des grandes lois d’architecturation du monde, et il arrive que l’on se croit complètement libre alors qu’on est l’esclave de nos pulsions et de nos désespoirs. Le fonctionnement de notre Ordre se fait parfois dans le désordre mais est aussi un merveilleux endroit de pratique de l’idéal maçonnique..
M.H. : Justement comment l’ordre initiatique maçonnique, appelons-le comme cela, comment cet ordre peut-il rejaillir dans le quotidien de chacun d’entre nous ou même dans la vie sociale et politique.
A.P. : Je crois que c’est très simple, car ce n’est pas l’Obédience qui agit, c’est-à-dire que la Maçonnerie par elle-même n’intervient pas dans la vie économique, politique, ou sociale.
Par contre, les maçons qui sont transformés, qui ont plus d’éveil, qui ont une conscience plus large qui sentent un peu mieux la vérité et les mécanismes du monde, ces maçons là peuvent agir pour apporter la paix, l’amour et la fraternité.
Ils ont quelque chose à donner. Ils ont acquis dignité, force et ethique et ils peuvent donner.
S’ils peuvent donner c’est en fonction de la place qu’ils occupent.
Une personne qui a compris le sens du devoir, qui a non seulement vu ses droits mais qui a également compris son devoir en tant qu’être humain responsable, peut réensemencer une société qui a perdu tous ses repères.
Ce n’est pas la Franc-maçonnerie qui agit, ce n’est pas l’Obédience qui agit, c’est le maçon, c’est l’homme. L’Obédience forme des initiés qui agissent en fonction de leur qualité initiatique.
S.D. : En fait la Maçonnerie (comme d’autres manières d’appréhender le monde d’ailleurs) conduit ou devrait conduire à l’épanouissement de la personne humaine. Finalement cet épanouissement de la personne humaine permet à l’individu, dans la société, dans sa vie de tous les jours de créer du sens, d’apporter un petit peu de spiritualité au sens positif du terme, à ce quotidien très matériel, très matérialiste dans lequel nous vivons.
A.P. : Ne nous trompons pas sur l’idée d’épanouissement. Si l’on a un regard profane, ce que l’on veut épanouir, c’est devenir plus intelligent, plus cultivé, avoir plus de pouvoir, plus de charme, ce n’est pas du tout de cela qu’il s’agit mais il s’agit de créer du sens, du sens intérieur humain, pas du sens extérieur. Le sens extérieur devient lié à la qualité du sens intérieur.
M.H. : Justement quel est l’avenir de tout cela pour demain.
A.P. : La maçonnerie peut apporter et apporte à l’humanité toutes les richesses, toutes les valeurs qu’elle a perdues soit à cause des religions qui se sont affaiblies, soit de la République qui n’ose plus diriger la société. L’avenir de la Grande Loge de France est dans son Amour des hommes et dans sa possibilité de le concrétiser.







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