Mondialisation, culture et différences.
Conférence du jeudi 19 janvier 2006. Docteur Michel HANNOUN, député honoraire.
1-Pour la première fois dans l’histoire, la politique globale est à la fois multipolaire et multicivilisatrice. La modernisation se distingue de l’occidentalisation et ne produit nullement une civilisation universelle, pas plus qu’elle ne donne lieu à l’occidentalisation des sociétés non occidentales.
2- Le rapport des forces entre les civilisations change. L’influence relative de l’occident décline. La puissance économique, militaire et politique des civilisations asiatiques s’accroît. L’Islam explose sur le plan démographique , ce qui déstabilise les pays musulmans et leurs voisins. Enfin les civilisations non occidentales réaffirment la valeur de leur propre culture.
3- Un ordre mondial organisé sur la base de civilisation apparaît. Des sociétés qui partagent des affinités culturelles coopèrent les unes avec les autres. Les efforts menés pour attirer une société dans le giron d’une autre civilisation échouent. Les pays se regroupent autour des états phares de leur civilisation.
4- Les prétentions de l’occident à l’universalité le conduisent de plus en plus à entrer en conflit avec d’autres civilisations, en particulier le Monde islamique et la Chine. Au niveau local, des guerres frontalières, surtout entre musulmans et non musulmans suscitent des alliances nouvelles et entraînent l’escalade de la violence, ce qui conduit les états dominants à intervenir pour tenter d’arrêter les conflits.
5- Pour ce qui est de l’Occident, il faut bien admettre que la position américaine de se placer, ou non, au niveau occidental est essentielle. Quoi qu’il en soit et il faut bien l’admettre : La civilisation occidentale est unique, mais elle n’est pas universelle…
Les peuples et les Nations s’efforcent de répondre à la question fondamentale « qui sommes-nous ? » en se référant à ce qui compte le plus pour eux. Ils utilisent la politique non pas seulement pour faire prévaloir leurs intérêts mais pour définir leur identité. On sait qui on est seulement si on sait qui on est pas, et bien souvent si on sait contre qui on est. Comme par le passé leur comportement est dicté par la quête de la puissance et de la richesse, mais il dépend aussi de leurs préférences, leurs liens communautaires et leurs différences culturelles. Les principaux groupes d’Etats ne sont plus trois (bloc libre, bloc communiste, non-alignés), mais sept ou huit civilisations majeures dans le monde. La richesse et la puissance économique, l’influence politique des sociétés non occidentales s’accroissent, en particulier en Extrême orient, et plus leur pouvoir et leur confiance en elles augmentent, plus elles affirment leurs valeurs culturelles en rejetant celles que l’occident leur a imposées.
Dans le monde nouveau qui est désormais le nôtre, la politique locale, c'est-à-dire continentale, est ethnique, la politique globale est civilisationnelle.










