 | L’extériorisation progressive et volontaire des organisations maçonniques a permis au grand public de considérer la franc-maçonnerie non plus comme une société secrète sinon satanique du moins entourée d’un épais mystère mais comme une composante du tissus socioculturel contemporain avec son histoire, sa spécificité et ses projets. Le MAB, Musée-Archives-Bibliothèque de la Grande Loge de France a pour vocation de conserver, enrichir et présenter le patrimoine culturel de la Grande Loge de France. Ce patrimoine culturel de la Grande Loge de France s’insert dans le patrimoine culturel de la franc-maçonnerie française et plus globalement dans le patrimoine culturel français, voire européen. |  L’association « Fondation Musée maçonnique » a été créée, au tout début des années 1970 par le Grand Maître de l’époque Pierre SIMON, pour « préserver le patrimoine artistique de la Grande Loge de France ». Relayée par le « M.A.B. » en 1992 elle a su conserver et enrichir les collections existantes.
Elle est l’instigatrice, en 1989, avec le Freimaurerei Museum de Bayreuth de la création de l’association des Musées Maçonniques Européens qui réunit une fois par an, en congrès, les professionnels des musées, des archives et des bibliothèques maçonniques d’Europe en dehors de toute considération de reconnaissance obédientielle. En 2000, l’association a pris le nom « Association of Masonic Museums Libraries and Archives. » | |
  | Les temps maudits de la guerre et de l’occupation sont paradoxalement à l’origine du classement méthodique des archives historiques des loges qui ont été, à cette époque rassemblées jusque depuis la province, dépouillées et classées rue Puteaux par les services des sociétés secrètes du gouvernement de Vichy. A la libération, les autorités restituent les archives mais une partie, cependant, avait été enlevée par les nazis dès juin 1940 ; sommairement dépouillées elles furent ensuite stockées dans un château en Silésie et récupérées par l’armée rouge en 1945. Ce n’est qu’en 2000, que le gouvernement russe restitua ces archives via le quai d’Orsay. |
C’est Albert Lantoine qui, dans les années 20, a réorganisé et fait prospérer la bibliothèque en lui allouant un vaste local et qui, pour écrire son histoire de la franc-maçonnerie française et du Rite Ecossais Ancien et Accepté (3 volumes, Paris, édit. Nourry, 1925-1935), en dépouilla systématiquement le fonds. A la libération, tous les ouvrages ne furent pas restitués mais le fonds encyclopédique est demeuré presque intact. Dans les années 70, les livres qui paraissaient sur la franc-maçonnerie étaient peu nombreux et la politique d’acquisition s’orienta vers les sciences humaines ainsi que l’histoire des religions et des philosophies. | |
Aujourd’hui, devant « l’éclatement » des sciences sociales et le nombre croissant d’ouvrages d’étude de la franc-maçonnerie tant historique que symbolique, la quasi-totalité des achats de livres neufs est consacrée à ces derniers. Depuis la création du M.A.B. le fonds ancien s’est considérablement enrichi, principalement dans la spécificité de la Grande Loge de France et du Rite Ecossais Ancien et Accepté. Parmi les manuscrits exceptionnels on peut citer le « Grand Livre d’Architecture de la Très Respectable Grande Loge de France, 5789-5798 » ou le « Livre Sacré de la Grande Loge Centrale » (1829-1836). Les « archives russes » pour leur part nous ont rendu plusieurs manuscrits exceptionnels : des rituels aquarellés et des écrits de la main de personnages qui tiennent une place capitale dans l’historiographie maçonnique, comme Pyron ou Thory.
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