Grande Loge de France
 

Colloque

Samedi 12 avril 2008

Palais de la Mutualité (Paris 5e)
24 rue Saint Victor 75005 Paris 05
(métro 10 Maubert-Mutualité)

De la vérité des Savoirs
à la vérité des Actes

"La gestion éthique des progrès scientifiques et techniques"

 SYNTHESE
DES TROIS TABLES RONDES :

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Extraits vidéo
de la Conférence publique
« Condorcet-Brossolette »
d'Alain Graesel.

Du 20 octobre 2007,
sur le thème :
« Humanisme et Transcendance ». 

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CultureLa Grande Loge de France vous parle
de midi à minuit.

ImageLes Questions à l’Étude des loges

Question 2006 : Comment les Frères de la Grande Loge de France, peuvent-ils utiliser la Méthode Maçonnique pour participer pleinement à l’évolution de la Société et de notre Civilisation ?

« On reconnaît un arbre à ses fruits. Existe-t-il preuve plus solide d’une expérience que la Transformation totale qu’elle suscite ? »
C’est par cette question de Durkheim que l’on peut introduire la réflexion sur la deuxième question : comment faire évoluer la Société en utilisant la Méthode Maçonnique ?
Si le Franc-maçon est un citoyen dans la cité et un Homme de son Temps, il n’en est pas moins devenu un homme moins assuré qu’autrefois devant l’évolution accélérée du Monde.
L’idée d’un Progrès permanent menant à la cité idéale lui apparaît parfois un peu utopique.
Le constat général effectué par les Loges est assez pessimiste quant à la Société actuelle : Matérialisme ambiant, société du paraître, absence de réflexion spirituelle, préoccupation de l’immédiat, etc.

Beaucoup de Loges insistent sur la divergence des valeurs actuelles du monde profane d’avec celles de nos pratiques en Loge. Une citation de Lanza del Vasto semble représenter le point de vue général de quelques Loges : « Tu veux un Monde meilleur, plus fraternel ? Et bien commence à le faire avec ceux qui le veulent. Fais-le en toi et autour de toi, fais-le avec ceux qui le veulent. Fais-le en petit et il grandira ! »

Les Frères de la Grande Loge de France peuvent-ils se donner comme objectif de changer l’homme pour que celui-ci, à son tour, puisse changer la cité ? Est-il possible de mettre réellement en œuvre notre Constitution, dont le but est le perfectionnement de l’Humanité ?
L’on ne peut qu’être frappé par la diversité des réponses à cette deuxième question.
Deux grandes orientations se dégagent cependant et elles ne surprendront personne, car elles correspondent à deux attitudes traditionnelles des Francs-maçons de la Grande Loge de France vis-à-vis de l’extériorisation dans le Monde profane.
Toutes les Loges se reconnaissent dans le caractère « sacré » de nos Travaux Initiatiques qui doivent se situer dans un Espace et un Temps, hors des préoccupations profanes.
La Loge apparaît ainsi comme une école de pensée ayant pour but initial, le perfectionnement individuel. Elle peut même apparaître comme un véritable laboratoire d’idées.
Toutes les Loges insistent sur la nécessité d’une progression intérieure personnelle pour chaque Frère, sur la possibilité d’une Amélioration Individuelle, sur l’Absolue nécessité du secret, et l’Incommunicabilité de la Transmission qui peut ainsi s’opérer dans l’Intimité de la Conscience.
Mais quand il s’agit du retour à l’extérieur du Temple, des voies diverses sont proposées.

Nous devons essayer de mettre en pratique les valeurs spirituelles révélées en Tenue, à savoir la Tolérance, le Respect, l’Écoute des Autres, la Recherche et la Transmission de la Connaissance, le Refus de tout dogme, la Fraternité, etc.
Le Rituel du Rite Écossais Ancien et Accepté au 1er degré invite au contraire les Frères à "poursuivre au dehors les Travaux commencés dans le Temple."
Mais il est bon de rappeler la phrase exacte du Rituel qui n’est toujours citée que de manière très incomplète…
« Que la Lumière qui a éclairé nos Travaux continue de briller en nous, pour que nous achevions au dehors l’œuvre commencée dans le Temple, mais qu’elle ne reste pas exposée aux regards des Profanes. »
Porter au dehors les Vertus et poursuivre au dehors les Travaux, tel est bien le problème d’équilibre auquel les Loges, et, de manière transversale, les Frères, donnent une solution différente.

1. Certaines Loges, et elles sont une majorité modérée, se situent dans le cadre qui nous est traditionnel : il appartient à chaque Frère d’œuvrer à l’extérieur, dans la discrétion, ou en révélant son appartenance s’il le souhaite, dans l’Esprit général de l’Initiation Maçonnique, tel qu’il l’a personnellement compris.
À lui d’utiliser les outils de réflexion, les enrichissements spirituels qu’il a reçus de ses Frères lors des Travaux de la Loge et de participer du mieux qu’il le peut à l’évolution sociale, économique, voire politique de la société.

Il s’agit donc d’une démarche essentiellement individuelle mais qui doit s’appuyer en arrière-plan sur les Travaux de la Loge.
Il apparaît possible pour les Frères qui ont acquis à l’intérieur du Temple, Force, Dignité et Éthique, de favoriser le « Vivre Ensemble » à l’extérieur, en entretenant le dialogue par le biais de la Méthode Maçonnique, dialogue qui « n’est possible qu’entre Individus qui se reconnaissent mutuellement comme sujets et accordent à l’autre, la même dignité et les mêmes droits » selon la formule d’Edgar Morin.

Dans cette perspective, l’engagement citoyen et l’exemplarité du Franc-maçon sont essentiels, pour toujours faire valoir à l’extérieur la Dignité de l’Homme, la primauté du sens et l’intelligence du cœur.

Comme l’écrivait Richard Dupuy : « ce n’est qu’après avoir acquis cette connaissance, que l’Initié, parvenu à la maîtrise, pourra prétendre agir sur lui-même et sur le Monde. »

Pour cela, il faut bien différencier la Méthode et les outils, car pour construire le Temple, nous avons besoin des outils forgés durant les Tenues. Si le Rite forme les Maçons avec la Méthode Maçonnique, ce sont les Maçons qui construisent le Temple avec les outils qui leur sont donnés.
Le Rôle de la Franc-maçonnerie est bien de former les individus et d’éveiller leur conscience.
Une parole de l’Apôtre Pierre se situe dans le droit fil de cette réflexion : « Et vous, comme des pierres vivantes, édifiez-vous en maisons spirituelles » I épître, 2,5.
La progression nécessaire est parfaitement définie par une citation de Pierre Simon : « Ce n’est pas en Loge que j’ai appris la Médecine, l’Université m’a donné une Science ; la Franc-maçonnerie a développé ma Conscience. »

2. Pour d’autres Loges, au contraire, et pour d’autres au surplus, si personne ne met en doute la nécessité pour le Franc-maçon d’agir à l’extérieur, l’accent doit être mis également sur le rôle indispensable de l’Obédience en tant que telle.
Notre Constitution nous enjoignant de travailler au perfectionnement de l’Humanité, il est nécessaire d’apprendre à partager avec le Monde Profane, le fruit de nos Travaux.
L’Externalisation de l’Obédience serait indispensable et il conviendrait de repenser le Secret Maçonnique.
Dans cette voie, il faut proposer à l’Étude des Loges des sujets de société, voire Travailler des sujets communs à plusieurs Obédiences.

Il appartient à la Grande Loge de France de susciter à l’intérieur des Loges, et pour les Maîtres, des Travaux d’ordre social, par exemple sur les Droits de l’Homme, sur la Bioéthique, sur la Fin de vie, etc.
Il appartient alors à l’Obédience elle-même de s’extérioriser, par le biais de Conférences publiques, de Tenues Blanches Ouvertes, non seulement sur le caractère initiatique du Rite mais également sur les questions essentielles de la Société Actuelle.
L’une des contributions va même plus loin : « C’est à l’obédience, par la représentation démocratiquement choisie (députés réunis en Convent) de traiter de ses grandes orientations sociétales. »

Sans aller jusque-là, quelques Loges insistent sur la nécessité de la Communication de la Grande Loge de France à l’extérieur, sur nos valeurs et sur nos idéaux, également sur l’importance d’un recrutement plus large et équilibré.

Pour toutes ces Loges, il est nécessaire d’informer la Société de ce que nous sommes, afin de corriger notre image négative, en expliquant nos buts et nos Travaux.

Au total, il est apparu difficile à la Commission d’assurer une synthèse harmonieuse entre ces deux manières d’aborder le problème et ce, d’autant plus que les Loges se sont en fait essentiellement penchées sur la nécessité ou non de s’extérioriser, et sur la manière de le faire, individuellement par l’exemple et les Vertus de chaque Frère, ou collectivement par chaque Loge et surtout par l’Obédience.

Le Rapporteur se doit de rappeler que la question posée était bien « comment les Frères de la Grande Loge de France » et non pas « comment les Loges de la Grande Loge de France ».

Par ailleurs, toutes les réponses ont surtout été orientées sur « Pourquoi s’extérioriser ou ne pas s’extérioriser » et beaucoup moins sur le « comment participer à l’évolution de la société ».

À titre personnel, le Rapporteur pense, que conformément au Rituel, « c’est le travail de chaque Initié et non un Travail collectif qui se poursuit au dehors » et que l’initiation Maçonnique n’a pas pour mission de participer directement à l’Évolution de notre société, mais qu’elle a vocation à faire évoluer les Hommes qui eux, vont participer à l’évolution de la société.
Il n’est cependant pas interdit d’espérer, qu’entre l’Action Individuelle par l’exemple et l’organisation d’une certaine diffusion par l’Obédience des valeurs du Rite, une complémentarité active ne puisse être trouvée et mise en œuvre.
Il nous est apparu possible, à titre de synthèse provisoire, de rappeler comme l’a fait un de nos Frères que : « Liberté Initiatique et Liberté Civique, Égalité Initiatique et Égalité Politique, Fraternité Initiatique et Fraternité Historique ne sauraient être contradictoires. »

Comme l’écrivait St Exupéry : « Être Homme…, c’est sentir en posant sa pierre que l’on contribue à bâtir le Monde. »

Pour conclure, souhaitons qu’entre les différents courants et les différentes idéologies qui se partagent le Monde, - Matérialisme, Écologie, Libéralisme forcené, montée des sectes, fondamentalismes religieux, individualisme hédoniste ou collectivisme social - la Grande Loge de France et chaque Frère de la Grande Loge de France puissent être le vecteur d’une nouvelle synthèse Historique afin que le XXIe siècle, plutôt que d’être religieux ou de ne pas être, soit celui de la Renaissance de l’Humanisme.

 
sfdfLa Commission des Droits de l'Homme et du Citoyen

La Commission  des Droits de l’Homme et du Citoyen de la Grande Loge de France, est la vitrine la plus représentative de l’obédience sur le plan du paysage maçonnique interobédientiel français.

Forte de plus de 1200 membres, toutes obédiences confondues, elle est présidée aujourd’hui par Maurice Lévy et a pour Président d’honneur Bernard Platon.

 

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ImageGroupe de Réflexion Ethique

Depuis la naissance de la Franc-maçonnerie spéculative, les Francs-maçons ont eu une réflexion éthique destinée à contribuer à « l’émancipation progressive et pacifique de l’humanité » selon les termes du Convent de Lausanne de 1875.
Depuis une cinquantaine d’années les progrès accélérés des connaissances scientifiques, médicales et techniques ont changé notre vision du monde.

Le Groupe de Réflexion Éthique travaille sur quatre axes :

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ImageLes Questions à l’Étude des loges

Question 2006 : Comment les Frères de la Grande Loge de France, peuvent-ils utiliser la Méthode Maçonnique pour participer pleinement à l’évolution de la Société et de notre Civilisation ?

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