 membre de la Grande Loge de France, Docteur en science de l’environnement, Expert consultant auprès de l’Union Européenne. Le 18 novembre 2004, Commission des Droits de l’Homme et du Citoyen. Nous sommes tous en danger ! Avec le siècle qui vient de s’achever, nous avons en effet acquis la certitude que l’humanité est capable de s’anéantir elle-même, soit directement par les armes de destructions massives, soit indirectement par l’altération des conditions de vie. Certains nous disent que le pire n’est plus à venir, qu’il est déjà là. Ce que nous considérions comme impossible est désormais certain. Selon J.P. Dupuis, professeur à Stanford, face à cette situation inédite, la théorie du risque ne suffit plus : il nous faut affronter la catastrophe, ne plus l’imaginer dans un futur improbable mais à la penser au présent. Et pourtant nous refusons de croire à la réalité du danger, même si nous constatons tous les jours sa présence. C’est au caractère inéluctable de la catastrophe et non à sa simple possibilité que désormais nous devons nous confronter. La société moderne détruit le monde naturel dont dépend la survie humaine à une vitesse stupéfiante. Partout sur la planète la même destruction sévit. Les forêts sont abattues, les marais asséchés, les récifs coralliens arrachés, les terres agricoles érodées, , salinisées, désertifiées, couvertes de béton. La pollution est maintenant généralisée : sources, ruisseaux, rivières, estuaires, mers, océans. L’air que nous respirons, les aliments que nous mangeons, rien n’est épargné ! Presque toutes les créatures sur terre, l’homme y compris, présentent aujourd’hui présentent dans leurs tissus des traces de produits chimiques agricoles ou industriels dont bon nombre sont suspectes d’être cancérigènes ou mutagènes, voire sont des cancérigènes avérés. Nos activités provoquent sans doute l’extinction de dizaines de milliers d’espèces chaque année et la couche d’ozone qui protège les êtres vivants du rayonnement mortel des ultra-violets s’amincit rapidement. Le climat lui-même est modifié et se déstabilise à tel point que d’ici quarante ans, nous vivrons dans des conditions climatiques inconnues de l’humanité. En détruisant ainsi le milieu naturel, nous rendons la planète de moins en moins vivable. Mais alors pourquoi cette destruction ? « L’homme est un animal curieux qui s’afflige des maux dont il continue à adorer les causes… » . Bossuet. Les causes, quelles sont-elles ? L’adoration des dérives qu’il prend pour du progrès. L’idolâtrerie du gigantisme, l’orgueil et la démesure dans la puissance de domination qu’il exerce sur la nature et sur ses semblables, l’égoïsme, les compétitions mortelles pour de vaines satisfactions d’une économie factice qui ruine en quelques décennies les ressources vitales de notre planète. Et peut-être aussi tout simplement parce que la société moderne se consacre exclusivement au « développement économique », que celui-ci est attaché à la croissance, que la croissance est mesurée par un « baromètre » qui s’appelle le P.I.B. Et que le PIB est une absurdité dont un rapport commandé par un précédent gouvernement (rapport Vivaret) vient d’en démontrer les mystifications. En effet, la comptabilité nationale a été construite après la seconde guerre mondiale sur des critères que le Commissariat Général au Plan a continué à considérer comme un outil statistique de la représentation de la richesse nationale. Si cette configuration a pu, dans des circonstances de reconstruction de l’économie de l’après-guerre apporter quelques indication, elle n’est plus du tout adaptée aujourd’hui ! Nous avons la preuve permanente que notre représentation de la richesse et l’usage contre-productif que nous faisons de la monnaie aggravent les problèmes auxquels nos sociétés sont confrontées au lieu d’aider à les résoudre Dans la plupart des dossiers qui ont été au coeur des débats publics récemment, de la vache folle à l’"Erika", de l’amiante aux accidents de la route, de la grande tempête à la crise des carburants, il y a toujours un élément commun que l’on oublie curieusement de rappeler : ces catastrophes comme celles à venir sont des bénédictions pour notre P.I.B., ce chiffre magique dont la progression s’exprime par un mot résumant à lui tout seul la grande ambition de nos sociétés matériellement développées mais éthiquement sous-développées : LA CROISSANCE ! davantage de destruction = davantage de PIB… ( l’intégralité de cette conférence est disponible sur demande auprès de la Commission des Droits de l’Homme et du citoyen)
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