Grande Loge de France
 
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Acquisitions
La statuette de Berlin

ImageLes premières fabrications de ce type d’objets sont apparues dans les années 1740 dans la manufacture royale de Saxe et elles représentent toutes des membres masculins ou féminins de l’ordre des Mopses. La qualité de fabrication est remarquable et les décors peints (vêtements, éléments d’architecture et floraux…) sont d’un très grand raffinement.

 

Toutes les commandes de ce type de production artistique très particulier attestent d’un niveau social et financier élevé car les porcelaines étaient déjà au XVIIIe siècle très coûteuses et réservées à une élite bien ciblée. D’autres manufactures allemandes ont aussi produit à partir de la même époque des statuettes du même genre, peintes ou seulement recouvertes d’un engobe blanc lustré et les ateliers de Berlin font partie des centres de création les plus importants et les plus renommés dans le genre (ils étaient eux aussi propriété des princes souverains de Prusse comme Meissen était propriété des princes de Saxe, ce qui démontre une forte implantation de la franc-maçonnerie dans les hautes sphères politiques allemandes de l’époque). Les statuettes maçonniques issues des ateliers berlinois sont cependant beaucoup plus rares que celles provenant de Meissen et le M.A.B. est particulièrement fier d’avoir pu en acquérir un exemplaire dernièrement.

 

La taille de ce personnage produit en Prusse (preuve en est par la marque habituelle bleue peinte sous la base) est inférieure d’un tiers de celle de ses homologues de Saxe mais la qualité des décors peints et celle de la pâte de porcelaine en est égale. Les gestes et accessoires mis en place sont pour leur part différents de ceux rencontrés en Saxe : les outils placés aux pieds du personnage représentent une image inédite et le port d’une coupe à libation vers la bouche pouvant évoquer une santé au cours d’un rituel est tout à fait original.

 

C’est la première fois depuis des années qu’un exemplaire de ce type apparaît en vente, alors que des modèles de Meissen sont un peu plus fréquents sur le marché, et même si ce modèle ne date pas du XVIIIe siècle mais des premières années du XIXe, l’iconographie en est totalement originale et non une copie d’un modèle plus ancien comme ce fut (et est encore) le cas à Meissen. Ces objets rarissimes et probablement réalisés à la commande avec des détails personnalisés nous permettent aujourd’hui d’apprécier les décors portés à une époque précise ainsi que les symboles et gestes adoptés par nos prédécesseurs.